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Vie chère : Les milliards payés par les consommateurs

Si
la Suisse pratiquait les prix européens, les consommateurs
économiseraient douze milliards de francs. Berne analyse les causes

de la vie chère. Et donne des pistes pour la combattre.

icone auteur icone calendrier 27 octobre 2006 icone PDF DP 

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La Suisse est un îlot de vie chère au centre de l’Europe. L’écart des
prix avec nos voisins a diminué quelque peu en dix ans. Mais il reste
très important : douze milliards par année pour l’ensemble des
consommateurs. Le seco (Secrétariat d’Etat à l’économie) multiplie les
publications pour sensibiliser l’opinion et les décideurs politiques à
cette caractéristique helvétique. Selon la dernière livraison de La Vie
économique
, pratiquement tous les groupes de produits sont chez nous
plus chers.

Voici quelques exemples de différences enregistrées en 2004 entre l’Europe des quinze et la Suisse :

Viande           
             
       + 49,2%

Produits laitiers                     + 17%

Autres aliments                     + 24%

Logement, électricité, etc.      + 38,1%

Santé           
           
           + 26%

Vêtements, chaussures          +10,3%

Machines et appareils               0 %

Voitures           
           
        – 8 %

Après le bilan chiffré, le seco recherche les responsabilités et
notamment celle de l’Etat. Les collectivités publiques ont une
influence déterminante dans tous les secteurs où elles dictent
simplement les prix. C’est le cas notamment pour ceux des médicaments
remboursés par les assurances, pour les tarifs de la poste, des CFF,
l’électricité ou la redevance radio-TV.

La fiscalité n’est pas responsable de la vie chère. Bien au contraire.
La TVA suisse plombe les prix de 7,6% contre 19% en moyenne en Europe.
Les droits de douane renchérissent les produits importés. Ils sont
cependant trop faibles pour exercer une influence sur toute la gamme
des produits industriels. Ils sont en revanche massifs pour les
produits agricoles et se répercutent sur le prix des denrées
alimentaires. Rappelons toutefois (voir Les paysans contre-attaquent , Albert Tille (at), DP n°1702, du 22 Septembre 2006) que les généreuses
marges des importateurs et des distributeurs suisses exercent une
influence plus importante encore sur le prix à la consommation des
produits agricoles.

L’écart de prix avec le reste de l’Europe provient également de la
différence des réglementations. Les exigences d’étiquetage ne sont pas
les mêmes. Les normes de sécurité pour nombre de produits sont
différentes. Les importations sont freinées ou même inexistantes. La
concurrence est moindre et les prix grimpent. La solution serait un
alignement pur et simple sur la réglementation européenne. Berne le
fait abondamment. Mais une disparition totale de ces obstacles aux
échanges imposerait la modification d’une ribambelle de lois et
d’ordonnances. La solution la plus simple consisterait à accepter sans
autre sur le marché suisse toute marchandise autorisée à la vente dans
le reste de l’Europe. C’est le fameux principe «Cassis de Dijon».

L’interdiction des importations parallèles pour les produits protégés
par un brevet explique également d’importantes différences de prix avec
l’Europe qui ignore cette restriction à l’intérieur de son grand
marché. La Suisse, en revanche, engrange un point en raison de son
système très libéral dans le domaine des marques. Les importations
parallèles sont autorisées pour les produits simplement protégés par
une marque. Cet aiguillon de concurrence se fait sentir dans le marché
de l’automobile. Les voitures sont chez nous meilleur marché de 8 %. Si
l’on élimine l’effet de la TVA, on constate une quasi-identité de
performance entre le marché suisse et européen de l’automobile.

Si l’on fait abstraction du cas particulier de la voiture, la lutte
contre la vie chère consiste pratiquement à s’aligner sur les pratiques
européennes. Constatons une fois de plus que la Suisse n’a que deux
possibilités : être satellite ou membre de l’Union.    

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