Mode lecture icon print Imprimer

Politique de sécurité : Un tiens vaut mieux que deux tu ne l’auras pas

Les
socialistes, épaulés par l’UDC, barrent la route à la réforme de
l’armée alors qu’elle amorçait, malgré son insuffisance, la
modernisation tant attendue. En revanche, le statu quo qui en découle
et le cadre budgétaire déjà voté réjouissent la droite nationaliste.

icone auteur icone calendrier 13 octobre 2006 icone PDF DP 

Thématiques

La gauche helvétique a décidément bien de la peine à exprimer une
position cohérente et efficace en matière militaire. En 2003, le parti
socialiste donnait un mot d’ordre d’abstention pour la votation
référendaire sur le projet «Armée XXI» : la cure d’amaigrissement
proposée n’était pas suffisamment sévère. Au risque de favoriser le
camp des conservateurs, nostalgiques d’une défense tous azimuts du
territoire, comme au bon temps de la guerre froide.

Et voilà que maintenant la gauche tombe à nouveau dans le panneau. Au
Conseil national, conjuguant sa force à celle de l’UDC, elle a fait
capoter la nouvelle étape de concrétisation d’«Armée XXI». Donc pas de
réduction des troupes blindées et de l’artillerie chargées de la
défense classique du territoire, au profit d’une infanterie plus
mobile, en appui aux autorités, notamment pour la surveillance des axes
et des installations et l’intervention en cas de catastrophe. Pas non
plus de doublement de l’effectif – 500 hommes – pour les missions de
maintien de la paix à l’étranger.

La bonne affaire de l’UDC

Certes cette nouvelle étape ne correspond pas encore à la vision
socialiste de l’armée : effectifs et budget encore trop importants,
missions de sécurité intérieure que la gauche aimerait voir confiées à
la police. Mais néanmoins, la réorganisation proposée allait plus dans
le sens de la modernisation préconisée par le PSS que le statu quo.

Dès lors c’est l’UDC et elle seule qui fait une bonne affaire. Car le
camp bourgeois a accepté le cadre budgétaire pour la période 2009 à
2011
. Des crédits qui serviront au maintien d’une armée peu adaptée aux
menaces actuelles, mais qui répondent aux fantasmes sécuritaires de la
droite nationaliste et d’une poignée d’officiers généraux à la
retraite. Bref, un magnifique autogoal.

Par ailleurs, on peut s’interroger sur la pertinence de faire adopter
par le Parlement tous les détails de la mise en œuvre d’«Armée XXI».
Choix de l’armement, structure de l’armée, effectifs des différentes
unités donnent lieu à des décisions ponctuelles qui souvent perdent de
vue les missions dévolues à l’armée. Au politique de définir au plus
près ces missions et de libérer les moyens financiers nécessaires. Aux
militaires d’organiser l’armée pour réaliser les buts fixés par le
peuple et le Parlement. Le contrôle démocratique de la politique de
sécurité n’en souffrirait pas, bien au contraire. Car les débats
militaires sur les moyens contribuent plus souvent à la confusion qu’à
la clarification de cette politique.   

jd

DOMAINE PUBLIC

Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Un point de vue de gauche, réformiste et indépendant
En continu, avec liens et réactions sur http://www.domainepublic.ch
Chaque semaine, par courriel, sur papier ou comme eBook (gratuit).

Lien vers l'article: http://www.domainepublic.ch/articles/9256
logo creative commmons Republier
La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, http://www.domainepublic.ch/articles/9256 - Merci
fleche imprimer Envoyer Envoyer

Si vous avez apprécié cet article, ne manquez pas les prochains en vous abonnant gratuitement au moyen d'une des trois options suivantes.

L'hebdomadaire

Recevez tous les lundi par courriel le sommaire des nouveaux articles et le lien vers l'édition PDF ou l'édition eBook.

Articles par courriel

Recevez chaque article dès parution (un courriel par jour au plus).

Flux RSS

Lisez les articles dans votre agrégateur, ajoutez les sur votre blog ou site.

Discussion

Pas encore de commentaire.

Les commentaires sont fermés.