annuel : 1,75 milliard (chiffre 2005). Dette : 7,77 milliards.
Prévision pour 2007 : plus de 10 milliards. Tels sont les comptes et le
bilan de l’assurance invalidité (AI). Comment ne pas agir si l’on a la
responsabilité politique de cette assurance ?
Aucune mesure d’économie radicale aux effets immédiats n’est
envisageable. L’AI, ce n’est pas un robinet que l’on peut fermer. La
dépense est faite pour une grande part de rentes, qui sont des droits
acquis, valables jusqu’à l’AVS. Si bien que les économies décidées par
le Parlement pour quelques centaines de millions (suppression de la
rente complémentaire pour le conjoint, et celle dite complément de
carrière), quoique douloureuses pour ceux qu’elles touchent, ne
changeront pas fondamentalement la situation de l’AI. Ni la nouvelle
politique mise en place sous la formule «plutôt la réinsertion que la
rente», dont l’interprétation est d’ailleurs équivoque. Mais même si
elle aboutit à une réduction des nouvelles rentes de 20%, les effets
financiers ne se feront sentir que sur le long terme. L’assainissement
de l’AI exige donc de nouvelles recettes. Le Conseil fédéral les a
jugées «indispensables». Et il propose dans son Message, parallèlement
à la réforme de l’assurance, un refinancement. Pour l’essentiel une
augmentation de la TVA de 0,8 point.
On aurait pu attendre du Parlement qu’il mène de front et la réforme et
l’assainissement. On aurait pu imaginer (naïvement) que la droite, qui
aime à rappeler les dures exigences de la rigueur financière, ne laisse
pas courir un endettement annuel, colossal, de 1,5 milliard. Mais non,
ce déficit, quoique énorme, on fait comme si on ne l’avait pas vu. Ou
hypocrite, on se justifie en prétextant qu’avant de solliciter le
peuple il faut lui prouver sa volonté de réforme.
Le Conseil fédéral, lui-même, abandonne. Devant le Conseil des Etats,
Pascal Couchepin parle de ceux qui voudraient de nouvelles recettes
comme s’ils étaient des Winkelried. En faisant comprendre qu’il ne sera
pas ce héros.
La dérobade, nous sommes en période préélectorale, est généralisée.
Mais à laisser courir l’endettement de l’AI, on s’expose au risque que
soit réclamée une VIème révision, conduisant à des économies drastiques
et, parce que sous les chiffres il y a des personnes,
inhumaines.
ag





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