Mode lecture icon print Imprimer

Beaux-Arts : La Chaux-de-Fonds à l’heure de l’Art nouveau

icone auteur icone calendrier 9 juin 2006 icone PDF DP 

Thématiques

Au Musée des Beaux-Arts
de La Chaux-de-Fonds, qui vaut le détour, on ne peut ignorer que l’Art
nouveau est passé par là. Charles L’Eplattenier en a conçu dans ce
style l’entrée, les volumes, des décorations. Mais l’exposition
remarquable consacrée à l’art nouveau dans la ville horlogère révèle un
phénomène d’une tout autre dimension. Non pas seulement des touches de
réalisation disséminées, comme on en cherche à Bruxelles, à Riga, à
Barcelone, mais une incorporation de l’art nouveau à tout le
développement économique, industriel, urbanistique, artistique, d’une
cité en expansion.

Les succès de La Chaux-de-Fonds impressionnaient déjà Karl Marx, menant
dans Le Capital une réflexion sur la manufacture et le développement du
capitalisme : la diversité des composants d’une montre rendait possible
la parcellisation du travail sans concentration des ouvriers dans une
même fabrique. Il note que La Chaux-de-Fonds «que l’on peut regarder
comme une seule manufacture» fournit deux fois plus de montres que
Genève. Or une montre, c’est à la fois une mécanique de précision et
une œuvre d’art, notamment le boîtier, orné de motifs, émaillé. En même
temps que s’étire la ville, selon ce plan longitudinal et orthogonal
qui la caractérise, le besoin d’une école professionnelle des arts se
fait sentir en complément au savoir-faire industriel. Elle est réalisée
sous l’impulsion de L’Eplattenier. Mais il ne se contente pas de
reprendre les standards de l’art (nouveau) de son temps. Il les adapte
aux spécificités jurassiennes, le sapin triangulaire, la pive, plus
austères que les décorations florales à la mode (nouvelle). Les dessins
de Le Corbusier, s’exerçant à aligner des sapins, comme un motif
décoratif, méritent à eux seuls la visite. Et il faut aussi admirer des
créations de meubles originales.

En réalité la démonstration est celle de la vitalité créatrice d’une
ville. L’exposition ne va pas jusqu’à englober le mouvement coopératif
et la montée du socialisme. Ils ont pourtant, on le sait, fait partie
du même élan inventif et porteur.

A notre époque de cloisonnement entre l’art, l’industrie, le design,
l’architecture, cette évocation du développement synthétique d’une
ville laisse nostalgique et admiratif.   

ag

DOMAINE PUBLIC

Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Un point de vue de gauche, réformiste et indépendant
En continu, avec liens et réactions sur http://www.domainepublic.ch
Chaque semaine, par courriel, sur papier ou comme eBook (gratuit).

Lien vers l'article: http://www.domainepublic.ch/articles/9120
logo creative commmons Republier
La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, http://www.domainepublic.ch/articles/9120 - Merci
fleche imprimer Envoyer Envoyer

Si vous avez apprécié cet article, ne manquez pas les prochains en vous abonnant gratuitement au moyen d'une des trois options suivantes.

L'hebdomadaire

Recevez tous les lundi par courriel le sommaire des nouveaux articles et le lien vers l'édition PDF ou l'édition eBook.

Articles par courriel

Recevez chaque article dès parution (un courriel par jour au plus).

Flux RSS

Lisez les articles dans votre agrégateur, ajoutez les sur votre blog ou site.

Discussion

Pas encore de commentaire.

Les commentaires sont fermés.