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Universités : L’autonomie et la responsabilité

icone auteur icone calendrier 12 mai 2006 icone PDF DP 

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Les
malversations et autres arrangements avec les règles comptables et les
règlements ont projeté quelques hautes écoles sur le devant de la scène
médiatique. A l’heure où se décide une nouvelle organisation du paysage
universitaire helvétique, ce coup de projecteur révèle une image peu
flatteuse que les médias dépeignent avec guère de nuance.

Les malversations d’abord. Plus ou moins graves, elles révèlent la
cupidité et l’arrogance de certains professeurs, des traits présents
dans toutes les grandes organisations, publiques comme privées. Mais
l’analogie n’excuse rien et l’on attend de l’Université qu’elle fasse
le ménage. En a-t-elle pourtant les moyens ?

Car cette autonomie dont on la pare n’est souvent que fiction. Les
arrangements dénoncés aujourd’hui reflètent précisément la nécessité de
surmonter des contraintes réglementaires et budgétaires asphyxiantes :
en additionnant des bribes de lignes budgétaires, on crée un poste
d’assistant ; et un solde de crédit non utilisé permet de compléter le
rachat du capital-retraite, un argument pour s’attacher les services
d’un chercheur réputé. Lisez la loi genevoise sur l’Université, son
règlement d’application et les multiples directives de l’institution,
un tissu serré de prescriptions dignes des plus lourdes bureaucraties.

Face à ces dysfonctionnements, la tentation est grande de serrer encore
le tissu, de multiplier les contrôles externes. Alors que pour
favoriser l’innovation et la recherche, c’est d’une plus grande
autonomie dont l’Université et ses membres ont besoin. Mais cette
autonomie implique que soient attribuées des compétences et des
responsabilités. Car l’Université est une institution privée de tête,
au sommet comme dans les facultés. A l’ombre de l’autogestion règnent
le chacun pour soi et la défense des territoires. En contrepartie d’une
véritable autonomie universitaire, le recteur et les doyens doivent
disposer d’un véritable pouvoir d’arbitrage et rendre des comptes à un
conseil d’administration garant des objectifs généraux fixés par la
collectivité payante. Point n’est besoin d’aller chercher très loin un
modèle : les Ecoles polytechniques fédérales fonctionnent ainsi à
satisfaction.

Une chose encore. La direction d’une Université ne peut plus incomber à
un professeur en fin de carrière sur la base de son seul mérite
scientifique ou de son habileté à plaire à ses collègues et au pouvoir
politique. La conduite d’une entreprise d’une telle taille et disposant
d’un important budget exige, au-delà de la nécessaire connaissance du
milieu académique, de solides capacités de gestion et de communication.
Des qualités qui n’ont pas particulièrement frappé à l’occasion des
récents événements.   

jd

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