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Assurance invalidité : Impliquer les patrons

icone auteur icone calendrier 17 mars 2006 icone PDF DP 

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L’assurance
invalidité vise d’abord la réintégration sur le marché du travail des
salariés touchés et n’accorde de rente que si elle est impossible. La
révision en cours de l’AI a pour objectif de diminuer encore le nombre
de nouvelles rentes (les principales responsables des déficits
astronomiques de l’assurance sociale) et donc d’encourager le maintien
des personnes handicapées sur le marché du travail. Les associations
patronales sont les premières à monter au front, espérant éviter une
augmentation des cotisations salariales ou de la TVA en faveur de l’AI.
Mais les entreprises sont loin de jouer le jeu de l’intégration. En
effet, si personne ne daigne garder ou engager des salariés avec
handicap, impossible de les réintégrer. Or les entreprises helvétiques
sont particulièrement mauvaises élèves en la matière. Un sondage de
Kassensturz, l’émission consumériste de la télévision alémanique, a
révélé l’automne passé qu’en Suisse, à peine 0,8% des postes de travail
sont occupés par des personnes handicapées, contre de 2,5 à 4% dans les
pays voisins. Dans l’immense majorité des grandes entreprises, celles
qui seraient les plus à même de mettre en place des mesures
d’intégration, les résultats sont peu glorieux : de nombreux fleurons
de notre économie, tels ABB, La Mobilière, Zurich, Helsana ou
Publigroup n’occupent que moins de 0,5% de personnes handicapées. Les
collectivités publiques ne font guère mieux : la Confédération reste
par exemple en dessous de la moyenne, avec à peine 0,6%.  Et pour
d’autres, comme la SGS, Kuoni, Lieberherr ou Saia-burgess, c’est le
bonnet d’âne : zéro. Rares sont celles à dépasser le 1% : le coutelier
Victorinox (3,9%), au demeurant célèbre pour sa structure paternaliste
«à l’ancienne», ou les CFF (3,6%) font figure de (piètres) premiers de
classe. En outre, seuls 13% des personnes nouvellement handicapées
(mais toujours capables de travailler) en 2003 ont pu conserver leur
ancien emploi.
La révision de l’AI doit tenir compte de ce laxisme patronal en
associant plus étroitement les entreprises à la prévention de
l’invalidité. La Suède, l’Allemagne, les Pays-Bas ou encore le
Luxembourg ont déjà tracé la voie avec succès. En Suisse, ces modèles
n’ont pas passé le stade des travaux préliminaires et n’ont même pas
été pris en considération par la commission parlementaire chargée du
dossier.    
jcs


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