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Douze têtes originales

icone auteur icone calendrier 30 septembre 2005 icone PDF DP 

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Comment
se sont-ils rencontrés ? La question peut être posée à Bertil Galland
qui nous présente douze «fortes têtes» qui ont donné «substance et
relief à sa vie». La réponse n’est pas celle de Diderot dans l’incipit
de Jacques le Fataliste : «Par hasard, comme tout le monde.» Bertil
Galland évoque certes le hasard, et c’est le titre d’un des portraits :
«Trois rencontres de hasard : March Laumer». Mais ce hasard est proche
de ce qu’André Breton appelait le hasard objectif, un hasard en quelque
sorte prédestiné. Bertil Galland n’a-t-il pas retrouvé trois fois cet
ami, perdu de vue, dans des lieux aussi contrastés, densité des foules
ou immensité territoriale, que New York, la Turquie ou la Scandinavie.
Par hasard.

Plusieurs rencontres sont plus naturelles, celles de notre
environnement, de notre société, de notre (petit) pays : un journaliste
responsable d’un nouveau journal, un conseiller fédéral, un régent
militaire et musicien, un gardien de cabane suisse découvrant
l’Amérique, un berger, un poète voyageur. Douze. Pas une femme, mais un
moine ! L’art et plus profondément l’inclination de Galland sont
d’arracher le circonstanciel à sa banalité, c’est-à-dire d’en faire un
temps fort, quelque chose d’événementiel. Son regard est à l’affût.
Mais à cette sensibilité s’ajoute de l’orgueil aussi. Galland marque
par sa présence. Au moyen de l’écriture. Ainsi ce carré d’herbes sèches
et de caillasse sur les pentes de Pérouge où il lit, avec deux amis,
des poètes italiens. Mais il marque aussi par l’action, comme
journaliste, comme éditeur, comme créateur orchestrant l’Encyclopédie
vaudoise.

Les «fortes têtes» ne sont pas présentées comme des modèles ou des
exemples. Ce sont des vies jouées, avec gains et pertes. Mais dans
cette sensibilité de Galland à ce qui est un destin, au hasard objectif
et non au hasard gratuit, on pressent cette exigence qui l’anime et
peut-être le tourmente, formulée en un jugement qu’on attribue à Ernest
Ansermet, mais Ramuz aurait pu le contresigner : « Ce n’est que par
l’excellence qu’on cesse d’être provincial».   

Bertil Galland, Fortes têtes. Des combats politiques aux parcours solitaires. Editions de l’Aire, Vevey, 2005.

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