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Note de lecture: Un lourd passé

icone auteur icone calendrier 10 décembre 1998 icone PDF DP 

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En 1982, un livre intitulé Du passé faisons table rase avait fait grand bruit. Raconter, sous forme de fiction, la carrière du secrétaire général du Parti communiste avait de quoi secouer le landernau politique et littéraire français. De plus l’auteur était caché sous un pseudonyme ; et le héros, René Castel, comme les personnages secondaires, tel Robert Dia, avaient l’air trop vrai pour que l’œuvre ne soit que la pochade satirique d’un anticommuniste. Largement chroniqué ailleurs, le livre n’avait pas eu les honneurs de la presse communiste. Et l’on tenta même d’en cacher l’existence le plus longtemps possible au principal intéressé.
Salué comme un roman qui « mettait du sel sur les brûlures de l’histoire », selon la formule de Jean-Paul Louis dans la revue Esprit, Du passé faisons table rase révèle, au travers d’une fiction, un scandale : comment le « parti des fusillés », le parti de la Résistance, le Parti communiste français, put porter à sa tête un homme qui fut volontaire pour aller travailler en Allemagne, à l’usine d’aviation Messerschmitt, avant même l’existence du STO Ð le service qui requérait, de force, les Français pour l’Allemagne nazie. Si, jusqu’à ce stade, la fiction corrobore la réalité Ð des témoignages confirment la présence de Marchais dans les usines Messerchmitt comme travailleur volontaire Ð, le roman s’émancipe ensuite de l’Histoire. Il met en scène une trame policière qui débute par les meurtres de quatre individus sans lien apparent les uns avec les autres. Entrent alors en scène les grands pontes de la direction du Parti communiste, un agent secret soviétique particulièrement menaçant et les services secrets représentés par des nostalgiques, encore efficaces, de l’Algérie française. Les uns nettoient le passé, les autres échouent à démêler les fils de l’histoire honteuse. Aujourd’hui le livre est réédité chez Actes Sud ; les murs sont tombés, les vieux combats enterrés, et le Parti communiste est soluble dans la gauche plurielle. gs

Thierry Jonquet, Du passé faisons table rase, Actes Sud, 1998.

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