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Berne : Une ville fédérale sans français

icone auteur icone calendrier 22 octobre 2004 icone PDF DP 

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Quel a été le dernier conseiller fédéral francophone résidant avec sa famille à Berne ? On ne le saura probablement jamais. Les conseillers fédéraux ne sont pas obligés d’y déposer leurs papiers et n’y sont pas contribuables. Cela changera peut-être bientôt. Kurt Wasserfallen, directeur communal des finances et candidat radical à la mairie, voudrait pour la ville une part de leur revenu. Des pourparlers sont en cours.
Cet aspect fiscal concerne toujours moins les francophones occupés à Berne, car ils ne s’y installent que rarement. Une vue simpliste de la statistique permettrait même de fixer quand le dernier francophone résidera dans la ville fédérale, en tenant compte de la diminution rapide révélée par les recensements fédéraux. Il y aura toujours des francophones à Berne, mais leur communauté subit une saignée qui se manifeste, par exemple, par la disparition de la Librairie française qui avait été créée après la fermeture de la Librairie Payot, par la dissolution du Groupe socialiste romand fondé en 1913, par la réduction à huit parutions cette année du Courrier de Berne, qui fut longtemps hebdomadaire puis mensuel, par la diminution et le vieillissement des fidèles des paroisses francophones aussi bien réformée (dont le culte remonte à 1623) que catholique, plus récente. La difficulté de recrutement des sociétés romandes est réelle.
Pour prendre congé de ses membres, de la communauté romande et de la ville de Berne, le Groupe socialiste romand a publié un ultime numéro de son Bulletin socialiste fondé en 1948. Le dernier président, maintenant retraité de l’administration fédérale et domicilié à Vallorbe, constate que l’évolution est irréversible, que l’environnement bernois est devenu moins favorable aux Romands. Il ajoute que la communauté romande a aussi sa part de responsabilité car « cultivant un élitisme culturel francophone qui la coupe du reste de la population, vivant en vase clos dans un monde qui semble appartenir au passé, elle donne parfois aux nouveaux venus l’impression d’atterrir sur une autre planète. » C’est en grande partie exact, mais quelle est la part de responsabilité des autorités qui n’ont pas compris qu’une ville fédérale doit être une ville ouverte pour ceux qu’elle accueille parce qu’ils doivent migrer ?
Les problèmes nombreux posés aux travailleurs étrangers existaient déjà pour les confédérés qui viennent travailler à Berne. On leur a accordé quelques facilités mais insuffisantes. La plus grande mobilité multiplie le nombre des pendulaires et prive la ville de Berne et ses environs d’une possibilité de renforcer le lien confédéral.

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