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Courrier : L’intégration ne concerne pas seulement les étrangers

«Dans un quartier de banlieue, quatre jeunes mineurs noirs, originaires du Rwanda, attaquent et frappent violemment un quinquagénaire suisse. Motif de l’agression: l’homme les aurait regardés de travers !» Cette information paraît-elle crédible ?
En réalité, si la victime a effectivement cinquante ans, elle est rwandaise et habite Onex. Et les agresseurs sont des adolescents, blancs et suisses, domiciliés à Bernex/Confignon, commune rurale voisine avec 17% d’étrangers.
La Ville d’Onex est une commune genevoise de 17000 habitants, dont 36% d’étrangers. La Cité-Nouvelle, un alignement dense de hauts immeubles locatifs, est définie comme un secteur prioritaire en matière d’intégration des étrangers et de prévention des incivilités. De nombreuses actions pour les enfants dits défavorisés, en majorité d’origine étrangère, sont mises en place dans l’une des écoles de la cité qui sert de référence cantonale. Parallèlement aux activités du Service social communal habituel, un Service jeunesse et action communautaire a été créé. Colloques, conférences, forums-citoyens sont régulièrement organisés pour soutenir et favoriser les engagements relatifs à l’intégration.
Résultat de cette politique, un quinquagénaire d’origine rwandaise se balade sans appréhension, vers une heure du matin, dans les rues de son quartier. Et il est tabassé par des enfants de bonnes familles d’une commune résidentielle voisine.
Même si l’on a découvert chez eux croix gammées et portrait de Hitler, ces jeunes n’appartiendraient cependant pas à un mouvement structuré, mais «militeraient simplement pour une Suisse blanche».
Ces jeunes relativement privilégiés disposent de locaux autogérés supervisés par un éducateur «hors-mur», dont les méthodes opportunistes font régulièrement l’objet d’articles dithyrambiques dans la presse gratuite.
Par contre, les jeunes Onésiens, particulièrement ceux d’origine étrangère, sont régulièrement délogés par la police de leurs lieux de réunions nocturnes – préaux d’écoles, devant la Coop ou le vidéo-club – car ils sont un facteur d’insécurité.

Delphine N’Diaye, Genève

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