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Schengen-Dublin : Premiers débats, premières impressions

icone auteur icone calendrier 18 mars 2005 icone PDF DP 

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Samedi matin frisquet. Une permanence syndicale en Suisse romande. Accueil chaleureux dans une salle aux longues tables patinées par les séances. Raclements de chaises, cigarettes qui s’éteignent, voix rocailleuses qui s’effacent progressivement, le débat sur les accords Schengen – Dublin est ouvert.
La présentation des enjeux s’effectue dans un silence attentif. On est dans une assemblée qui sait le prix du militantisme et le poids de la politique. Vient le temps des questions. Sur les accords proprement dits, les interrogations sont précises, les échanges de qualité. Finalement, on reconnaît que les accords désenclavent la Suisse et servent ses intérêts. On admet qu’en matière de sécurité aussi il vaut mieux coopérer plutôt qu’agir seuls.
Au passage, on note qu’engranger Dublin contribuera peut-être à préserver le droit d’asile, puisque les standards européens tendent à mieux protéger les requérants que ceux de la Suisse. Dans un syndicat, on sait ce que respect des immigrés veut dire. «Et dans le climat actuel, on ne peut pas dire que l’isolement nous protège du pire» rappelle un participant.

Coopérer au lieu de s’isoler
Mais comment parler des bilatérales sans évoquer la question européenne dans son ensemble ? Les prises de position se succèdent. Les problématiques syndicales se mêlent aux interrogations sur le projet européen. Pourtant, assez rapidement, le débat se recentre sur les prochaines votations : «De toute façon, qu’est-ce qu’on gagnerait à rester derrière la muraille de l’Etat nation ? En quoi ça nous protégerait mieux ? On a toujours dû se battre et on devra encore se battre, dans n’importe quelle structure. Ne nous trompons pas de débat, ni de décision, en juin, c’est Schengen-Dublin, et rien d’autre».
«Précisément, s’insurge une jeune femme, un non s’impose, pour sortir de l’épicerie indigne que constitue le bilatéralisme. On serait plus au clair et peut-être enfin obligé d’adhérer». Les réponses fusent : «En cas de non, on peut oublier toute nouvelle coopération avec l’Europe». «On sera encore plus verrouillé qu’aujourd’hui». «Méfions-nous de la politique du pire, demandons-nous à qui elle profite, un non en juin, c’est le triomphe de l’UDC».
Peu à peu, les répliques spontanées font place aux interventions qui rassemblent les arguments. Une synthèse de la substance des accords rappelle que sans eux la Suisse restera une «frontière Schengen» avec les inconvénients et les risques que cela comporte. Une autre souligne les rapports de force : «Les urnes sont impitoyables : elles expulsent l’argumentation au profit de l’arithmétique. Que reste-t-il du non de l’extrême gauche à l’EEE en 1992 ? Quels étaient les scores de l’UDC à l’époque et quels sont-ils aujourd’hui ?»
La matinée s’achève. Aux voix, les oui l’emportent. Comme l’emporte cette certitude rappelée par un camarade aux accents portugais : «On n’a pas le choix, on doit faire ce pas, en Suisse, il n’y a que des petits pas.» fc

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