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Edito : Statu quo territorial

Quels territoires prendre en compte pour l’application d’une politique structurelle de la Confédération ? Les seules régions économiquement menacées comme le précise la Constitution ? ou l’ensemble du territoire comme le préconisait la nouvelle politique régionale, proposée l’an dernier par le Département de l’économie ? Joseph Deiss aura vite compris la résistance des cantons, manifestée lors de la procédure de consultation : en décembre dernier, il donnait six mois à un groupe de travail composé en majorité de représentants des cantons pour «optimiser» le projet de nouvelle loi fédérale sur la politique régionale.
Résultat de la course aux compromis : le statu quo. Surtout ne rien abandonner des acquis par définition précieux, ni créer le moindre précédent, toujours gros de risques inquiétants. On innove en principe, on maintient dans les faits. Toutes les régions sont théoriquement prises en compte, mais, dans la pratique, seules les zones de montagne, rurales et frontalières, à l’exclusion des agglomérations, peuvent bénéficier des aides financières de la Confédération pour des programmes et projets visant à promouvoir la valeur ajoutée dans les régions, ainsi que des prêts pour infrastructure, au sens de la Loi sur les régions de montagne, généreusement mensurées comme on sait.
En clair, les cantons excluent expressément le financement des projets-modèles pour les agglomérations, lancés à l’instigation de la Confédération – mais pas du Département de l’économie. A MM. Leuenberger et Merz d’investir dans le développement territorial, la nouvelle Péréquation financière ou au titre d’Avanti plus.
Plus des deux tiers de la population du pays résident en plaine, sur le Plateau où s’étale cette vaste conurbation que certains appellent Métropole suisse. Mais ces territoires du réel, ces espaces vécus, ces lieux d’intensité, échappent à la politique régionale fédérale, à la nouvelle comme à l’ancienne. Plus qu’un déni de justice, c’est un grave défaut de réalisme. Ou une manifestation supplémentaire du sentiment antiurbain, qui reste vif dans ce pays où les périphéries l’emportent sur le centre, les montagnes sur la plaine, les campagnes sur la ville. yj

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