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Edito : L’âge de la solidarité

icone auteur icone calendrier 29 avril 2005 icone PDF DP 

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La vieillesse n’est pas une maladie, mais elle entraîne des dépendances et des pathologies en plus grand nombre. La situation est connue. La part de la population âgée est de plus en plus élevée. En 1950, 8,5% des hommes avaient plus de 65 ans. En 2003, ils sont 13,2%. Les femmes étaient 10,6%, elles sont maintenant 18,1%. Les progrès de la médecine entraînent une vie plus longue en «bonne santé», autrement dit autonome et sans dépendances. A partir de 65 ans, les hommes vivent en moyenne pendant 12,3 ans en bonne santé en 2003, contre 10,4 ans en 1992. Les femmes vivent 13,3 ans en 2003 contre 11,4 ans en 1992.
Lorsque la santé décline, il reste en moyenne 5 ans de vie aux hommes et 7 ans aux femmes. Cette durée s’allonge sans cesse et une partie de plus en plus élevée des coûts de l’assurance maladie concerne les dernières années de vie. L’éthique de notre culture consiste à fournir les soins les meilleurs possibles et donc les plus coûteux aux personnes très âgées. Même si l’euthanasie vient de plus en plus souvent mettre un terme à leur existence.
Ces coûts du grand âge sont inclus dans la solidarité entre les générations qui est à la base de notre système social. Leur croissance provoque de plus en plus de réflexions sur une déconnexion possible de l’assurance maladie. Ainsi RVK, l’association faîtière des petites caisses maladie, propose une nouvelle assurance obligatoire d’un montant de 158 francs par mois destinée aux personnes de plus de 50 ans afin de couvrir les frais de santé dans les maisons spécialisées (hors pensions) ou les services de soins à domicile. En compensation, les primes de l’assurance de base seraient réduites de 25 francs par mois pour tous les assurés.
Ce genre de propositions va sans doute se multiplier ces prochaines années. Elles méritent bien sûr d’être discutées, mais elles touchent un niveau très profond du lien social, à ce qui fait que nous considérons cette société comme la nôtre. Avant de discuter de la répartition des coûts il faut d’abord être au clair sur la solidarité réelle et non fantasmée que la société doit manifester à l’égard des plus âgés. Et ce point est loin d’être clarifié aujourd’hui. jg

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