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Naturalisations : Le fantasme de l’islam

icone auteur icone calendrier 2 octobre 2004 icone PDF DP 

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Lorsqu’une votation échoue sur un sujet de société comme la naturalisation facilitée, il s’écoule généralement entre cinq et dix ans avant que la question soit remise sur le tapis. Les partisans cherchent à faire évoluer peu à peu les mentalités jusqu’à l’acceptation finale. Le congé maternité ou l’adhésion à l’ONU ont suivi ce schéma. Il risque de ne pas se reproduire pour la naturalisation des jeunes étrangers. D’une part, le soutien à ce projet est en recul depuis dix ans et d’autre part la candidature de la Turquie à l’Union européenne risque d’être un véritable chiffon rouge pour les opposants.
Les résultats de la votation semblent montrer, selon l’institut Gfs de Berne, qu’il existe une certaine corrélation entre le poids du non et la présence en nombre de jeunes issus de l’ex-Yougoslavie, autrement dit et pour l’essentiel, de Bosniaques et Kosovars de tradition culturelle musulmane. Les craintes déjà largement perceptibles en Europe autour de la candidature turque – poids de la population, pauvreté du pays, risque de ré-islamisation intérieure, démocratisation insuffisante – seront d’autant plus amplifiées en Suisse que nous sommes hors de l’Union, que nous n’aurons donc pas de prise sur les négociations et que le fantasme d’une Suisse qui résiste face à une déferlante turque sur l’Europe sera à coup sûr largement agité.

Le poids de l’histoire
Rappelons que la Commission européenne présentera en octobre 2004 un «Rapport sur les progrès réalisés par la Turquie sur la voie de l’adhésion», assorti d’une recommandation sur l’ouverture ou non des négociations d’adhésion avec ce pays. Le Conseil européen, qui se réunira en décembre 2004 sous présidence néerlandaise, prendra une décision sur le respect par la Turquie des critères politiques de Copenhague et, en fonction de cette décision, ouvrira ou non les négociations.
Certains opposants à la candidature turque invoquent le siège de Vienne en 1683 et la défaite des Ottomans. Pour eux une adhésion de la Turquie serait une trahison de l’histoire. Des partisans de la Turquie évoquent Paul de Tarse et l’évangélisation de l’Asie mineure, preuve selon eux de la vocation européenne du territoire, argument qui semble tout de même un peu tiré par les cheveux. Gageons qu’en Suisse, si la question de la naturalisation facilitée des jeunes étrangers est à nouveau posée, le débat ne se nourrira pas d’arguments historiques de haut vol. La question turque sera centrale et risque de renvoyer aux calendes grecques toute décision positive.

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