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Forêts : Le bois vaut de l’or

icone auteur icone calendrier 16 juillet 2004 icone PDF DP 

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On reparle du bostryche. Avec Lothar et la canicule de 2003, le petit coléoptère a trouvé des conditions idéales pour se développer. Faut-il lutter contre ce petit insecte ? Certains experts prétendent qu’il s’attaque uniquement aux arbres trop vieux ou malades, exclusivement les sapins rouges, et qu’il remplit un rôle de régulateur du milieu forestier.
La logique de la politique suisse à l’égard des forêts est avant tout de protection et de préservation. Le résultat de la célèbre loi de 1876 qui mit fin à la déforestation a été stupéfiant. Depuis son adoption, la superficie des forêts a plus que doublé dans notre pays. Elle a encore augmenté de 4% entre 1985 et 1995 avec un stock de bois qui s’est accru de 12%. La vision helvétique de l’avenir de la forêt semble être avant tout celle de la thésaurisation. Les forêts ne sont pas perçues comme une ressource à exploiter, mais comme un patrimoine à préserver.
Le résultat est à la hauteur : le volume de bois par hectare dans notre pays est de 50% plus élevé qu’en Autriche, pays à la géographie et au climat similaire et près de quatre fois plus élevé que dans des pays aussi différents que la France, l’Italie ou la Suède. L’économie forestière en Suisse a les caractéristiques du tiers-monde : nous exportons des matières premières ou des produits semi-finis , grumes, planches, panneaux de particule, et nous importons des objets manufacturés comme les meubles scandinaves ou italiens.
Il est vrai que les bois de qualité sont les feuillus et non les conifères et qu’ils ne couvrent qu’un quart de nos forêts. La tendance se renverse peu à peu. De très gros propriétaires comme la ville de Lausanne s’efforcent d’utiliser au mieux la production de leurs forêts dans des ouvrages spectaculaires qui ont valeur de démonstration comme la tour de Sauvabelin. Le prélèvement effectué chaque année sur la forêt ne représente que la moitié de l’accroissement total ! Il y a donc de la marge. L’économie suisse toute entière tournée vers les produits de niche à haute valeur ajoutée n’a jamais appliqué ce principe au bois. Il en va sans doute des forêts comme de la poste ou des chemins de fer. On touche à l’identité profonde du pays et concevoir le bois comme une simple matière première à exploiter est peut-être une pensée unschweizerisch, hors du consensus helvétique.

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