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Histoire régionale : La force de l’exemple

icone auteur icone calendrier 2 mai 2003 icone PDF DP 

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L’enseignement de l’histoire a longtemps servi à
construire l’image d’un pays et à fournir une mémoire commune à ses
habitants au prix de quelques gauchissements de la réalité et de
quelques oublis bienvenus. Il en va de même de l’histoire régionale,
surtout transfrontalière.
Dans ce qui deviendra la Haute-Savoie, il
y eut, autour de 1860, un projet de réunion à la Suisse conduit par des
Savoyards n’acceptant pas le rattachement de leur pays à l’empire de
Napoléon III. Les faits sont connus. Nous en avons aujourd’hui une
vision folklorique, plutôt édulcorée. En réalité, ce fut une très dure
bataille politique dans laquelle les confédérés se gardèrent bien
d’entrer.
Des articles de Paul Guichonnet dans Le Messager de
Thonon-les-Bains en restituent la rudesse. Le Chablais savoyard, occupé
par les Bernois au xive, devenu protestant presque malgré lui, fut
ensuite «re-catholicisé» de force et devint un bastion de la
contre-réforme. Les conséquences en seront prolongées jusqu’au cœur du
xixe siècle. L’opposition la plus résolue au projet de rattachement à
la Suisse vint des notables et du clergé. Les riverains du Léman, les
pêcheurs et les bateliers étaient proches des radicaux vaudois et de
leur laïcité issue du protestantisme.
Le Faucigny et la vallée de
l’Arve étaient déjà économiquement dépendants de Genève. Les loges
maçonniques genevoises essaimaient dans toute la région. La propagande
pro helvétique se confondait avec le maintien des idées républicaines
et jacobines. Les opposants à l’Empire lisaient la presse suisse qui
pénétrait alors clandestinement, se plaignait de Genève qui «tuait»
l’industrie horlogère locale, mais prenait fait et cause pour la Suisse
contre l’empire français. Lors des élections de 1869, le candidat
républicain l’emporte largement.
Ces Savoyards voulaient-ils
vraiment être rattachés à la Suisse ? Nous n’en savons rien. Disons que
c’était pour eux une manière de prendre exemple sur un des seuls pays
démocratiques dans l’Europe de l’époque. Il serait flatteur pour notre
ego que d’autres peuples veuillent nous rejoindre aujourd’hui. Hélas,
même le Liechtenstein préfère garder son prince.

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