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Exploits helvétiques: L’aventure intérieure

icone auteur icone calendrier 18 décembre 1999 icone PDF DP 

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Un pays d’aventuriers, d’innovateurs audacieux, à la pointe de la technologie, sportifs et ouverts sur le monde. La Californie ? La Grande-Bretagne de Tony Blair ? La France d’Aimé Jacquet ? Pas du tout, il s’agit de nous, bien sûr ici en Suisse romande. Ce constat déjà affirmé vient une fois de plus d’être corroboré par l’aventure pompeusement baptisée «Défi suisse pour la coupe de l’America Cup », alors qu’il s’agit d’une expérience très lémanique.
Ah ! Le bateau qui a perdu toutes ses régates (sauf une) et qui a fini par abandonner piteusement ? Lui, justement. Un bateau tellement novateur avec ses deux quilles et sa coque calculée dans les laboratoires de l’EPFL que personne, semble-t-il, ne savait comment le manœuvrer. L’idée des deux quilles n’était d’ailleurs pas très bonne si l’on en croit certains experts, mais personne ne l’avait testée auparavant. Un équipage tellement cosmopolite qu’il y régnait apparemment une remarquable mésentente entre le capitaine français, le barreur allemand et le navigateur italien qui n’est d’ailleurs pas venu en Nouvelle-Zélande. Tout cela sous les couleurs du Cercle nautique de Morges.
Les Néo-Zélandais et les autres concurrents auraient-ils au moins souri des lourdes défaites à répétition du bateau suisse ? Et bien, pas du tout. Les multiples sites Internet consacrés à l’America Cup tirent plutôt un grand coup de chapeau à cette drôle d’équipe qui a construit un bateau absolument nouveau. Rappelons que Bertrand Piccard, il y a deux ans et demi, avait suscité quelques lazzis avec son ballon tombé à la mer au large de Marseille, lors de sa première tentative autour du monde.
Les exploits de Piccard ou les innovations du voilier suisse nous semblent au fond tout naturels. Nous sommes comme cela, bien sûr nous le savons et tout le monde le sait ? Justement le monde ne le sait pas. Nous avons tous fait l’expérience, en voyage, de l’écrasante différence entre notre vécu helvétique et la vision que peut en avoir l’étranger. Cette fameuse « image », paraît-il écornée par le retour du passé. Et si au fond c’était un avantage ? On ne nous voit pas comme nous sommes. Tant mieux. Nous ne sommes pas là où l’on nous attend. Nous créons la surprise. Il n’y a pas de modèle suisse célébré à l’étranger. Tant mieux, nous pouvons garder nos secrets de fabrication. jg

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