Domaine Public prône la tactique du cordon sanitaire : s’unir contre une UDC devenue «infréquentable».
«Pour bâtir une Suisse moderne, progressiste et ouverte au monde, la gauche a besoin de partenaires [ ?]» . Magnifique optimisme ! la gauche en Suisse n’aurait ainsi besoin que de trouver le bon partenaire pour atteindre cet ambitieux objectif. Ses propres tendances réactionnaires, corporatrices et frileuses ont ainsi disparu par la grâce du 19 octobre. Il y aurait pourtant place pour un exposé moins emphatique et donc plus adéquat : comment la gauche voit-elle l’évolution de l’Etat ? Seulement en «plus d’Etat» par opposition au «moins d’Etat» de l’UDC ? Ou existe-t-il encore un courant, qui aurait alors raison de revendiquer le qualificatif de moderne, vers le «mieux d’Etat» ? Un Etat moins gourmand, plus efficace, qui sait renoncer autant que prodiguer soutien aux plus faibles (et seulement de ceux-ci) et arbitre pour le reste d’une société en marche. Un vrai thème où le côté réducteur du «moins d’Etat» pourrait être mis au défi.
Réformer l’administration publique
Encore faut-il être prêt à remettre en question le fonctionnement actuel de l’administration. A aborder le statut de la fonction publique sans crispation. De même que la question de l’autorité au sein de cette même administration : rôle, responsabilité, compétence et pouvoir de l’encadrement. Autant de thèmes que seule la gauche, réel représentant de la fonction publique au niveau politique, peut aborder avec succès.
A vouloir confiner l’UDC à son versant «la Suisse versus le monde» on omet le constant credo anti-étatique. Or ce deuxième élément a certainement contribué tout autant à la progression des agrariens.
Fermer les yeux sur la nécessaire réforme de l’Etat, et viser un regroupement frileux vers un centre affaibli, n’aidera certainement pas le parti socialiste à assumer un incontournable leadership lors de la prochaine législature.


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