Page d'accueil - 1 Navigation - 2 Aller au contenu - 3 Derniers articles - 4 Recherche - 5 Contact - 6

Forum : Politique sociale, La sous-information sociale : danger !

Les formes de l’action sociale sont foisonnantes. Mais les canaux d’information sur ces actions restent encore trop sectorisés ou fragmentaires. Or l’enjeu est essentiel pour la société : on ne peut faire valoir ses droits si l’on n’est pas informé.

Le champ couvert par les politiques et l’action sociales, c’est la première part du budget des ménages ; c’est le plus gros morceau des budgets publics ; c’est une dimension majeure des débats politiques actuels. L’AVS, le chômage, la prise en charge des toxicomanies, les prestations destinées aux personnes handicapées, l’assurance maternité, les revenus d’insertion, pas une semaine, voire un jour, sans que ces questions n’occupent le devant de la scène. Se pose la question de l’information. Elle existe mais elle est extrêmement atomisée. Face à des réalités complexes, mais si proches de notre quotidien, la situation actuelle peut être considérée comme dangereuse.

Noyés dans la pléthore et la spécialisation

Il suffit de se promener dans une institution ou une bibliothèque spécialisées dans le secteur social pour observer la multiplicité des feuilles d’information, des bulletins et autres dossiers mis à la disposition du public. Bien sûr, c’est l’expression d’une certaine luxuriance de l’équipement social, c’est la légitime expression de la diversité des problèmes, c’est l’une des conséquences de la structure fédéraliste et de la répartition des tâches entre le public et le privé. Cependant, peut-on confondre l’organisation de l’action et l’organisation de l’information sur les prestations disponibles ? Pour ce qui est de la spécialisation, dont on a reconnu les vertus, ses excès ont pris des proportions inacceptables. Faut-il que la voie d’accès aux services souhaités soit aussi longue et passe par tant d’intermédiaires ?
Il serait inconvenant de passer sous silence des réalisations de qualité qui ont vu le jour au cours des dernières années. Ainsi, on a observé le remarquable effort de l’Office fédéral des assurances sociales qui a rénové sa revue Sécurité sociale. On a vu proliférer, dans les régions, les villes ou les secteurs d’activités, des répertoires et des guides fournis et soucieux de clarté : à Oron, à Lausanne, à l’Hospice général de Genève, dans les domaines de la famille, de la toxicomanie, de la vieillesse, etc. Ces initiatives soucieuses de qualité et de convivialité n’ont cependant guère réussi à briser les murs de l’atomisation et de la spécialisation.

Fragilité des convergences

La volonté de fédérer les initiatives d’information sociale existe, en théorie. Les résultats sont beaucoup trop modestes. Ainsi, la revue Repères, appelée à être le canal d’information sociale de Suisse latine, a connu un démarrage prometteur ; actuellement, elle essaye de survivre à de lourdes difficultés induites par les clivages que l’on sait. Les sites Internet qui ont vu le jour au cours des deux dernières années n’échappent pas à l’éparpillement et aux clivages institutionnels. Ce n’est pas demain qu’une chatte y retrouvera ses petits. Les efforts entrepris pour fédérer, au moins autour de la diffusion, les diverses éditions sociales en Suisse romande n’ont obtenu que des résultats limités, bien que prometteurs. Votre prochaine visite au Salon du livre vous permettra de le constater. Vouloir coopérer, c’est une chose, atteindre des objectifs significatifs, c’en est une autre.
Faut-il se résigner ? Non, bien sûr. Quelques événements récents suggèrent que le projet en vaut encore la peine. Ainsi, la parution récente du premier Dictionnaire suisse de politique sociale montre qu’il est possible de mobiliser plus de 150 personnes prêtes à s’engager bénévolement dans une opération de synthèse et d’information d’un large public.
En mars 1998, un site Internet ( www.socialinfo.ch ) proposera une information soucieuse de briser les clivages entre secteurs et disciplines en jouant la coopération contre le narcissisme.
Les efforts engagés par l’Association romande et tessinoise des institutions d’action sociale ( ARTIAS ) pour promouvoir et coordonner l’action sociale sont chargés de promesses.
On peut espérer qu’au cours des deux prochaines années les projets engagés porteront leurs fruits. Il semble que la volonté y soit, reste à consolider les moyens et à organiser la convergence des énergies et des compétences.

Passer la vitesse supérieure

L’optimisme est de bon aloi, mais il faut bien reconnaître que toute cette opération se développe entre l’impatience, la dispersion, le gaspillage et, parfois, l’insuffisance. Les défis que doivent affronter les politiques et l’action sociales dans le climat socio-économique actuel exigent une accélération de l’effort entrepris. Une population mieux informée est une population mieux en mesure de faire valoir ses droits et d’éviter des détours coûteux et frustrants. L’attentisme n’est plus de mise, il faut passer la vitesse supérieure. Pour quand les Assises romandes de l’information sociale ? La réponse est entre les mains de celles et ceux qui détiennent un morceau de ressources, d’influence et de pouvoir.

Dictionnaire suisse de politique sociale, Réalités sociales, 1997

Recommander cet article
logo creative commmons license creative commons

La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, http://www.domainepublic.ch/articles/3410 - Merci

Discussion

Pas encore de commentaire.

Les commentaires sont fermés.

Le Kiosque de DP

RSS email icon

Das «beste Gesundheitssystem» wird zum Lazarett

Das Schüren von Angst macht krank. Ärzte wissen das. Trotzdem malen ihre Fachgesellschaften schwarz und machen Gesunde zu Kranken (Infosperber)

icone lien Lire l'article

Lackmusprobe für Bundesrat Alain Berset

Die Pharmaindustrie lobbyiert für höhere Medikamentenpreise. Der starke Franken mache ihr zu schaffen – in Wahrheit profitiert sie (Infosperber)

icone lien Lire l'article

«Um euren Finanzplatz mache ich mir keine Sorgen»

Griechenland wird laut Star-Ökonom Nouriel Roubini nicht das einzige Land sein, das die Eurozone verlassen wird. Weshalb er für die Schweiz deshalb kaum Gefahr sieht, erklärt er im Interview mit Tagesanzeiger.ch/Newsnet

icone lien Lire l'article

«Die Asylverfahren sind kafkaesk»

Migrationsexperte Thomas Kessler sagt, von der Schweizer Asylpolitik profitierten heute die Falschen. Er fordert einen Umbau unter linker Führung (Tages-Anzeiger)

icone lien Lire l'article

«Die Politiker sind süchtig nach Moral»

Der Germanist Peter von Matt sieht die Affäre Hildebrand auch als Folge einer boulevardisierten Politik. Und gerade davon habe die Bevölkerung genug, wie die letzten Wahlen zeigten (Tages-Anzeiger)

icone lien Lire l'article

D’une grande crise à l’autre: quelles ruptures politiques?

Peut-on tirer les leçons de la crise de 1929 ? (Le Monde)

icone lien Lire l'article

Freie Hand für die Vermögensverwaltung der Bundesräte

Sous réserve de légères restrictions, les membres du Conseil fédéral sont libres de gérer leur fortune privée (NZZ Online)

icone lien Lire l'article

Le drôle de destin de la taxe Tobin, des altermondialistes aux libéraux

Drôle de destin que celui de cette taxe, imaginée par un économiste libéral aux Etats-Unis en 1972, popularisée par les altermondialistes d’Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne), et portée par les socialistes européens, avant de se voir aujourd’hui défendue par des gouvernements libéraux comme ceux de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel (Le Monde)

icone lien Lire l'article

2012-2015: les enjeux sociaux en Suisse

Ces quatre prochaines années, les débats seront vifs sur toutes les composantes du système social suisse : l’AVS, le deuxième pilier, la maladie, le chômage, l’invalidité et la pauvreté. Etat des lieux et des enjeux. Par Stéphane Rossini (Revue REISO)

icone lien Lire l'article