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Universités : Des classements très intéressés

icone auteur icone calendrier 5 décembre 2003 icone PDF DP 

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Quelle est la meilleure université de Suisse ? Comment assurer à ses enfants un avenir radieux en les plaçant entre les mains de la meilleure institution ? Comment, en tant que jeune gymnasien peut-on choisir la formation supérieure qui convienne ? C’est à ce genre de questions que tentent de répondre depuis quelques années les rankings d’université. Si le magazine Facts se contente de classer globalement les universités de la meilleure à la pire, le think-tank Swissup, dont le ranking est publié par L’Hebdo, utilise une approche plus subtile. Ses classements sont établis au niveau des filières d’études (géographie humaine) plutôt qu’à celui des institutions, et de multiples indicateurs sont utilisés afin de cerner les différences entre universités.
Le cru 2003 du ranking Swissup se caractérise par une attention particulière portée aux opinions de ceux qu’il appelle les «utilisateurs finaux» du produit université, c’est-à-dire les étudiants. Les indicateurs utilisés sont construits à partir de deux sources principales : des statistiques publiques d’une part (Office fédéral de la statistique, Fonds national de la recherche scientifique), des sondages effectués auprès des étudiants d’autre part (4 350 entretiens). Les statistiques permettent d’évaluer pour chaque filière son attractivité (proportion d’étudiants étrangers), son taux d’encadrement (nombre d’enseignants par étudiants) ou sa capacité à obtenir des subsides publics en matière de recherche. Quant aux sondages, ils sont censés rendre compte d’informations hautement subjectives telles que la satisfaction générale des étudiants, la qualité de l’enseignement ou la compatibilité des études avec le marché du travail. Et c’est là que le bât blesse.

L’évaluation par les étudiants
remise en question
Sur le plan méthodologique d’abord, outre l’idée contestable que la qualité est mesurable par des indicateurs quantitatifs, il semble douteux de demander à des étudiants de premier ou deuxième cycle d’évaluer les compétences de leurs professeurs dans des domaines qu’eux-mêmes ne maîtrisent pas encore. De même on ne sait pas vraiment en quoi les étudiants sont a priori les personnes les plus qualifiées pour évaluer les chances de leur formation sur le marché du travail par rapport à celles des autres universités. Plus fondamentalement cependant, il apparaît qu’une bonne part des réponses se trouvent inscrites dans les questions. Il est, par exemple, demandé d’évaluer «la promotion de la langue anglaise dans l’enseignement», «la promotion des stages en entreprise» ou encore «l’utilisation de nouvelles technologies dans l’enseignement». Ainsi, les formations qui ne répondent pas aux critères des entreprises sont disqualifiées par avance.

Une formation adaptée
au besoin de l’économie
Car le but avoué de Swissup, émanation des plus grandes entreprises suisses, est de favoriser la compétitivité du pays par le développement de la recherche et de la formation. Mais pas de n’importe quelle formation. Son classement peut-il dès lors être neutre ou objectif ? L’analyse des questions posées ou des indicateurs retenus laisse penser que non. Une formation bien notée par Swissup, c’est une formation qui favorise l’adéquation des études avec le monde de l’entreprise ; ce qui n’est pas forcément ce que recherche chaque étudiant. Plus grave cependant, à long terme, est l’émergence de l’idée que les universités suisses seraient en compétition entre elles et sur un marché européen, voire international. Dès lors les rankings permettraient aux étudiants de faire des choix de consommateurs avertis. Ces consommateurs seraient alors prêts à payer le «juste» prix de leurs études. Coïncidence ou pas, les mêmes promeuvent les rankings et plaident pour une augmentation des taxes d’études.

Swissup est soutenu notamment par
Crédit suisse, Bobst, Fondation famille Sandoz, Nestlé, Logitech, Novartis,
Rentenanstalt/Swiss Life

www.swissup.com/ranking

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