Mode lecture icon print Imprimer

Le film : Les cornichons au fil du temps

icone auteur icone calendrier 9 mai 2003 icone PDF DP 

Thématiques

Film allemand sur un sujet allemand, la fin du régime communiste en Allemagne de l’Est, Good Bye, Lenin ! de Wolfgang Becker, malgré l’énorme succès public (5 millions de spectateurs à ce jour) ne sera probablement jamais projeté dans les salles romandes. Présenté à la Berlinale de 2003, cette comédie aborde pourtant la «chute du mur de Berlin» avec une sensibilité et un humour dépassant les frontières linguistiques.
En 1989, alors que la RDA s’apprête à fêter le 40e anniversaire du régime, Alex Kerner, jeune allemand de l’Est, participe aux manifestations qui secouent le pays. Sa mère, socialiste convaincue depuis la fuite de son mari en Allemagne fédérale, assiste à son arrestation et perd connaissance. Huit mois de coma plus tard, son monde s’est écroulé : la RDA n’existe plus. Alex déploie alors toute son ingéniosité pour épargner à sa mère un choc émotionnel qui lui serait fatal et lui cache la réalité.
Comment obtenir des cornichons Spreewald ? Du café Mokkafix Gold ? Des ampoules Narva ? se tourmente désormais Alex. Ces articles sont devenus introuvables quelques mois seulement après le 9 novembre 1989 et comment simuler l’existence de la RDA sans eux ?
La quête des produits banals de l’ex-RDA, qui est au cœur de l’humour de Good Bye, Lenin ! offre une illustration saisissante du rejet des anciens repères de la vie quotidienne. Pendant qu’Alex récupère les meubles typiques de l’air communiste et achète une Trabant, la TV montre une foule se précipitant sur les marchandises occidentales. Comme si le pot de cornichons Spreeewald devenait tout à coup un symbole du régime communiste et l’attachement à un quelconque objet est-allemand une marque de passéisme rétrograde.
Ce refus de l’habituel et du familier ne durera pourtant qu’un temps et Alex n’aurait aujourd’hui aucun problème à trouver un pot de Spreewaldgurken. A Berlin, les marques de l’Est, après avoir été mises à l’index, réapparaissent depuis peu avec une aura d’exotisme pour les uns et le parfum des souvenirs pour les autres. Loin du cinéma américain, proposant un imaginaire proprement allemand, Good bye Lenin ! ne bénéficie pas de l’effet de mode touchant le cinéma asiatique ou argentin. Mais Berne et Zurich, ce n’est pas très loin ?

DOMAINE PUBLIC

Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Un point de vue de gauche, réformiste et indépendant
En continu, avec liens et réactions sur http://www.domainepublic.ch
Chaque semaine, par courriel et sur papier (gratuit).

Lien vers l'article: http://www.domainepublic.ch/articles/3301
logo creative commmons Republier
La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, http://www.domainepublic.ch/articles/3301 - Merci
fleche imprimer Envoyer Envoyer

Si vous avez apprécié cet article, ne manquez pas les prochains en vous abonnant gratuitement au moyen d'une des trois options suivantes.

L'hebdomadaire

Recevez tous les lundi par courriel le journal mis en page pour impression (fichier PDF).

Articles par courriel

Recevez chaque article dès parution (un courriel par jour au plus).

Flux RSS

Lisez les articles dans votre agrégateur, ajoutez les sur votre blog ou site.

Discussion

Pas encore de commentaire.

Les commentaires sont fermés.