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Dépenses sociales : Une croissance qui ne doit rien à la générosité

Entre 1980 et 1998, les dépenses sociales de la Suisse ont passé de 16 à 28% du produit intérieur brut (PIB). C’est le plus fort taux de croissance de tous les pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Voilà pour les faits, qui sont incontestables.
Ce qui est par contre contestable, c’est l’interprétation répétée à l’envi par les milieux patronaux et les partis bourgeois. Non, la Suisse ne s’est pas muée au cours des deux dernières décennies en un Etat social d’une générosité débordante. Trois raisons simples expliquent cette évolution.
La première tient à la prise en compte de l’assurance maladie (1996) et de la prévoyance professionnelle (1985) dans les dépenses sociales, dès lors que ces deux assurances sont devenues obligatoires. Cette nouvelle définition statistique explique la plus grande part de la croissance des dépenses sociales, quand bien même les prestations et les contributions financières n’ont guère évolué dans le même temps. En effet, la population n’avait pas attendu le caractère obligatoire de ces assurances pour s’y affilier.
Par ailleurs, cette forte croissance n’a pas propulsé la Suisse dans le club des paradis sociaux. Notre pays n’a fait que rattraper le niveau moyen de protection sociale de l’OCDE.
Enfin, l’augmentation de la part des dépenses sociales dans le PIB résulte de notre faible croissance économique. Si nous avions fait jeu égal avec nos partenaires de l’OCDE, la quote-part des dépenses sociales n’aurait crû que de sept points, passant de 16 à 23%.
La conclusion est donc limpide : le problème helvétique ne réside pas dans le gonflement des dépenses sociales mais dans son anémique croissance économique.

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