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Variations fantasmatiques sur le temps de travail

icone auteur icone calendrier 10 septembre 2004 icone PDF DP 

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Il y a peu encore, la réduction du temps de travail apparaissait comme le remède de bon sens contre la montée du chômage. Si les actifs travaillent moins, ils font de la place aux chômeurs sur le marché du travail. On sait que l’application de ce raisonnement arithmétique simple peut produire des effets positifs dans le cadre d’une entreprise particulière : Volkswagen en Allemagne et Swisscom, entre autres, en ont apporté la preuve. Mais à l’échelle d’une économie nationale, ce qui paraît de bon sens se révèle illusoire : le volume de production et celui du travail nécessaire dépendent de multiples facteurs. Et aucune étude sérieuse n’a pu établir une corrélation entre la durée du travail et le taux de chômage. Parmi les pays besogneux, on trouve aussi bien des premiers de classe en matière de chômage – la Suisse et les Etats-Unis par exemple – que des mauvais élèves comme la Grèce. Et un temps de travail réduit peut se conjuguer aussi bien avec un taux de chômage élevé – Allemagne et France – qu’avec un taux bas – Pays-Bas, Norvège.
Aujourd’hui, l’augmentation de la durée du travail – avec un salaire inchangé – est prônée par certains comme le nouveau remède apte à sauvegarder l’emploi. En Allemagne, plusieurs entreprises ont conclu des accords dans ce sens avec le personnel, de manière à abaisser les coûts de production pour rester concurrentielles et la France semble vouloir suivre ponctuellement cet exemple. Une réduction des coûts peut temporairement sauver une entreprise. Mais cette solution n’est pas non plus applicable à large échelle. Elle ne remplace pas une certaine souplesse du marché du travail, où notamment le niveau des salaires reflète la productivité. Ce n’est pas un hasard si cette pseudo solution est appliquée – marginalement encore – dans les deux pays européens qui se distinguent par la rigidité de leur marché du travail. Aussi les quelques voix patronales helvétiques qui ont évoqué la possibilité d’imiter nos deux voisins font preuve d’une méconnaissance crasse des conditions-cadre de notre économie.

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