Page d'accueil - 1 Navigation - 2 Aller au contenu - 3 Derniers articles - 4 Recherche - 5 Contact - 6

Edito : Jeu interdit pour les syndicats

Le patronat helvétique et les partis bourgeois veulent le beurre et l’argent du beurre. Selon eux, l’extension du principe de la libre circulation aux travailleurs des nouveaux Etats membres de l’Union européenne ne nécessite aucune mesure nouvelle d’accompagnement. Le dispositif adopté à l’occasion des premiers accords bilatéraux doit suffire.
Les syndicats ne l’entendent pas de cette oreille. Certes, l’ouverture du marché suisse du travail aux résidents de l’Europe des Quinze n’a pas conduit à un afflux de travailleurs ; le contingent prévu est loin d’être épuisé. Et l’on n’a pas constaté de dumping salarial.
Mais certaines mesures, comme le contrôle à l’engagement, vont prendre fin dès juin 2004. Par ailleurs le niveau des salaires dans les nouveaux Etats membres est significativement inférieur au nôtre, alors que le taux de chômage y est plus élevé. Le risque existe donc d’une sous-enchère salariale au détriment des travailleurs résidant en Suisse. D’autant plus que dans la majorité des cantons, la structure de surveillance des mesures d’accompagnement n’a pas encore été mise en place.
Dans ces conditions, les revendications syndicales ne paraissent pas disproportionnées. L’application effective des mesures d’accompagnement devrait empêcher toute sous-enchère salariale. Celles-ci consistent notamment en la désignation des commissions tripartites, l’extension facilitée des conventions collectives, l’imposition à titre préventif de contrats types dans les branches dépourvues d’accords entre partenaires sociaux – plus de la moitié des salariés vivent dans ce vide contractuel – et l’adaptation du droit suisse du travail aux normes minimales de l’Union ainsi que l’engagement de cent cinquante inspecteurs du travail supplémentaires.
Face au refus patronal et politique d’entrer en matière, l’Union syndicale suisse (USS) menace de lancer le référendum. Mais cette arme n’a de poids que si celui qui la brandit est décidé à l’utiliser comme ultime recours. Or l’USS ne peut se permettre d’en faire usage. Car en cas de victoire devant le peuple, les syndicats se retrouveraient aux côtés de l’UDC qui est prête à faire capoter l’ensemble des accords bilatéraux. Cette victoire isolerait complètement la Suisse et coûterait cher à l’économie et aux salariés. Quant à un échec, il légitimerait l’intransigeance patronale et soulignerait la faiblesse syndicale.
L’adhésion des dix nouveaux membres ne provoquera pas une migration importante vers les autres pays de l’Union et la Suisse. Selon toute probabilité, leur entrée dans le grand marché stimulera leur développement économique, à l’instar de ce qui s’est passé voilà une quinzaine d’années pour l’Espagne, la Grèce et le Portugal, stoppant l’émigration et même incitant des émigrés au retour.
C’est pourquoi les syndicats doivent choisir le terrain qui leur est propre, celui des luttes de branches et d’entreprises, en dénonçant concrètement d’éventuels abus salariaux et sociaux et en mobilisant leurs troupes contre les patrons profiteurs.

Recommander cet article
logo creative commmons license creative commons

La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, http://www.domainepublic.ch/articles/2579 - Merci

Discussion

Pas encore de commentaire.

Les commentaires sont fermés.

Le Kiosque de DP

RSS email icon

The Climate Fixers

Is there a technological solution to global warming? (The New Yorker)

icone lien Lire l'article

So lullt die Pharma Parlamentarier ein

Einige Parlamentarier der SVP, FDP und CVP plappern nach, was ihnen die Pharma vorlegt. Dafür finanziert die Pharma diese Parteien (Infosperber)

icone lien Lire l'article

Une principauté au bord de l’implosion: le Liechtenstein suivra-t-il la mouvance des Printemps révolutionnaires?

Le comité «Oui, pour que ta voix compte» a déposé, début février 2012, un projet d’initiative populaire qui vise à retirer au prince de cette monarchie constitutionnelle le droit de veto sur les résultats des votations. Qui aura le dernier mot, le prince ou le peuple? (atlantico.fr)

icone lien Lire l'article

L’économie du bonheur, une décroissance séduisante

Dans le monde anglo-saxon, nulle place pour la sinistre décroissance. Pourtant, les chercheurs se penchent sur d’autres modèles économiques qui ressemblent à s’y méprendre aux théories de la décroissance (Slate.fr)

icone lien Lire l'article

Die neue Kolonisation Afrikas

Seit 2000 wurden weltweit Landflächen so gross wie halb Westeuropa verkauft. Eine Website zeigt den Ausverkauf der Welt (Infosperber)

icone lien Lire l'article

François Hollande und die Wachstumsdebatte

Wenn man von Wachstum spricht, sollte man zuerst einmal klären, woran man hier denkt (Economy Blog, Tages-Anzeiger)

icone lien Lire l'article

Les paradis fiscaux : visite guidée

Quelles sommes sont cachées dans les paradis fiscaux ? Par qui ? Et comment ? A l’aide d’une méthodologie originale et de données jusqu’alors sous-exploitées, Gabriel Zucman apporte une lumière nouvelle et crue sur ces problèmes, en espérant que cela puisse aider à améliorer la lutte contre les paradis fiscaux (La Vie des idées)

icone lien Lire l'article

The New Class Warfare

California’s superwealthy progressives seem intent on destroying middle-class jobs (City Journal)

icone lien Lire l'article

« Nous ne voulons pas mourir dans les décombres du néolibéralisme! »

Le manifeste du Collectif « Roosevelt 2012″ (Le Monde)

icone lien Lire l'article

Suisse et UE: la belle-famille

Un supplément de 36 pages de Europolitique, le quotidien des affaires européennes

icone lien Lire l'article