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Agriculture durable… pour les nantis

La souveraineté alimentaire des Verts: chère et isolationniste

Photo Antonio Ponte
Photo Antonio Ponte (licence CC)

C’est parti. La récolte des signatures pour l’initiative de l’Union suisse des paysans sur le renforcement de la production indigène de denrées alimentaires débutera le 11 février.

Petit retard pour les Verts. Leurs délégués ont adopté une initiative concurrente pour des denrées alimentaires produites de manière durable. La récolte des signatures ne commencera qu’en mai. Un troisième texte, celui du syndicat agricole minoritaire Uniterre, est en gestation. Une quatrième initiative de l’UDC annoncée l’automne passé ne verra pas le jour (DP 2015). Le parti «agrarien» l’a retirée au profit de celle, moins rigoureuse, de l’Union suisse des paysans.

Le texte de la grande centrale agricole est plus déclamatoire que contraignant. Il entend renforcer la production indigène, notamment en prenant des mesures contre la perte des terres cultivées. C’est déjà ce que prévoit la nouvelle loi sur l’aménagement du territoire en limitant la surface des zones à bâtir (DP 2019). L’initiative demande de diminuer les charges administratives sur l’agriculture et de garantir la sécurité des investissements. Elle est en revanche muette sur un renforcement des protections aux frontières.

L’initiative des Verts est moins précautionneuse. Pour que les Suisses consomment des denrées alimentaires sûres et produites dans le respect de l’environnement, des animaux et dans des conditions de travail équitables, les aliments importés devront répondre aux exigences appliquées à l’agriculture suisse. La Confédération pourra soumettre les produits étrangers à autorisation, elle pourra modifier les droits de douane et imposer des contingents.

En appliquant ces mesures, la Suisse ne respecterait pas les accords de l’OMC. En signant ce texte il y a 20 ans déjà, notre pays s’est engagé à ne pas aggraver les obstacles aux échanges des produits agricoles. Donc pas de nouveaux contingents ni de hausse des droits de douane, pas d’interdiction d’importations sauf pour des précautions sanitaires impératives. En cas de violation de ces engagements, la Suisse pourrait être condamnée à des rétorsions par l’organe de règlement des différends. Si, par exemple, la Confédération décidait d’interdire l’importation de poulets qui n’ont pas été élevés comme chez nous, la France ou tout autre pays obtiendrait, en compensation, le droit de bloquer l’entrée de certains produits agricoles ou industriels en provenance de Suisse. Belles querelles en perspective entre les différents lobbies helvétiques.

Les Verts veulent que nous ayons une consommation saine et éthique. L’objectif est louable. Mais il renforcerait l’îlot de cherté de la Suisse (DP 2008). Restreindre étroitement l’importation des denrées alimentaires conduirait assurément à l’augmentation de nombreux prix. Et tant pis pour les bourses modestes, contraintes de calculer étroitement leur budget alimentaire.

Aujourd’hui le consommateur peut choisir. Il peut décider de boycotter les poulets en batterie, les fraises produites par de vils exploiteurs. Il peut renoncer à des viandes venues d’outre-mer par des moyens de transports qui polluent. Il a loisir de privilégier la production indigène et même de proximité. Un étiquetage plus rigoureux faciliterait son choix. Mais pourquoi empêcher les nécessiteux de se nourrir à bon compte?

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Discussion

  • 1
    Isabelle Chevalley

    Malheureusement, le consommateur ne peut pas savoir aujourd’hui la manière dont les animaux ont été détenus. La seule information dont ils disposent c’est la provenance.
    J’ai essayé de demander au Conseil fédéral de pouvoir indiquer sur les étiquettes de viande lorsqu’elles n’ont pas été produites selon les règles suisses, ce qui se fait pour le lapin, mais il a refusé.
    La seule solution pour le consommateur qui se soucie de la protection des animaux aujourd’hui est de consommer suisse!

  • Il est vrai qu’exiger un étiquetage rigoureux et facilement lisible serait plus utile.

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