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Le Musée d’art de Pully accueille la plasticienne Carmen Perrin

«Encore et encore», Carmen Perrin, Musée d’art de Pully, jusqu’au 24 novembre

icone auteur icone calendrier 17 octobre 2013 icone PDF DP 

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Carmen Perrin, artiste plasticienne majeure sur la scène suisse et internationale, est née à La Paz en 1953. Elle habite à Genève depuis le début des années soixante et y travaille.

Le Musée d’art de Pully lui a offert l’ensemble de ses espaces. Comme le dit l’artiste elle-même, «[ses] interventions plastiques éphémères s’articulent avec l’architecture des salles faisant écho à [ses] travaux pérennes dans l’espace public.» Carmen Perrin intervient en effet dans des maisons privées, des banques, des hôpitaux, etc. Soulignons que son œuvre s’intègre parfaitement dans les beaux espaces dépouillés – murs blancs, parquet en bois clair – du musée pulliéran.

Il y a dans cette œuvre des constantes. D’abord le besoin d’explorer les possibilités offertes par différents matériaux: bois, plastique, verre, papier (images tirées des couvertures des Cahiers du cinéma des années 1960-80), avec une prédilection pour le caoutchouc mousse.

Ce dernier est l’objet de perforations, l’une des caractéristiques de l’œuvre de Carmen Perrin. Ailleurs, il sert de matériau à des «sculptures» ou à des sortes de tapisseries en relief. Trous et bosses s’opposent et se complètent dans une sorte de dialectique esthétique.

L’artiste utilise aussi le procédé de la répétition de formes semblables ou identiques, parfois obsédante. Ce que traduit sans doute le titre de l’exposition, Encore et encore. Enfin, elle recourt à des «camouflages», des faux-semblants de l’art figuratif: ainsi cet arbre sur lequel papillonnent des oiseaux, le tout constitué de zébrures en noir et blanc. Réalité et transposition de cette réalité. Relevons qu’un goût prononcé pour les couleurs atténue ce que cette œuvre pourrait avoir d’«intellectuel». Elle fait appel aussi à nos sens.

L’étonnant dans le travail que mène Carmen Perrin depuis les années 1980, c’est qu’il est en constant renouvellement. Même si les perforations reviennent fréquemment dans son œuvre, elle ne s’en tient pas à un «truc» qu’elle exploiterait sans fin. C’est donc une œuvre qui surprend sans cesse le visiteur. Nous en donnerons quatre exemples.

Précipitations (encore plus loin que la vitesse du projectile) est un montage de diapositives de guerriers projetées contre un mur, qui évoque à la fois les ombres chinoises et le décor des vases grecs antiques. La distance juste est fait de coquilles d’œufs revêtues de clous de tapissiers: des oursins ou des hérissons disposés à une distance précise les uns des autres.Chutes est constitué d’un disque recouvert d’yeux de verre et tournant sur lui-même, intrigant le spectateur par ces regards qui s’allument et s’éteignent. Œuvre particulièrement séduisante à nos yeux, la «tapisserie» Rubber bands recouvre les quatre parois de murs d’une salle entière. Elle est entièrement faite d’élastiques noués, ce qui constitue déjà en soi une prouesse technique. Elle laisse flotter une discrète senteur de caoutchouc. Par ses couleurs douces, elle provoque un agréable sentiment de paix.

Cela vaut donc la peine d’aller voir cette exposition fort originale. Il faut féliciter un «petit» musée d’avoir eu le courage de la programmer. Et le remercier aussi d’avoir mis à la disposition d’un large public, dans chaque salle, des feuillets explicatifs éclairants, écrits par l’artiste elle-même. En art, on ne peut pas toujours aimer «spontanément»: il faut faire parfois un effort de compréhension!

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