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L’intégration, antidote contre la xénophobie

Une action commune des collectivités, des partenaires sociaux et de la société civile se met en place

Photo fide-info.ch

La multiplication des initiatives hostiles aux étrangers et autres campagnes attisant la crainte de l’envahisseur met la politique de l’immigration sous pression. Une meilleure intégration des étrangers doit permettre de rassurer la population, d’influencer l’opinion et d’infléchir la tendance.

C’est l’essentiel du message de Pascal Broulis, président de la Conférence des gouvernements cantonaux, délivré lors de la récente présentation à la presse des travaux du «Dialogue sur l’intégration». Ledit dialogue est une construction typiquement helvétique intégrant les collectivités publiques à tous les niveaux, les partenaires sociaux et les autres organes de la société civile.

Il s’élabore à un rythme, lui aussi, helvétique. En 2009, une première conférence nationale sur l’intégration s’est efforcée de clarifier les rôles des différents partenaires publics. La nouvelle loi sur les étrangers entrée en vigueur en 2008 consacre, une nouveauté, les articles 53 à 58 à la promotion de l’intégration. Outre la responsabilité des organes publics, la tâche des partenaires sociaux et des organisations non-gouvernementales est expressément posée dans la loi.

Reste donc à la mettre en pratique. En 2011, une deuxième conférence nationale sur l’intégration a convoqué tous ces acteurs pour clarifier les rôles de chacun. Un an et demi après, les partenaires se sont répartis concrètement les tâches et ont fixé un délai pour les réaliser.

Un bilan sera dressé en 2016 lors de la troisième conférence sur l’intégration. La conseillère fédérale Sommaruga surveille désormais ce programme. On y retrouve les propositions sur l’intégration contenues dans le livre  qu’elle publiait en 2005 avec Rudolf Strahm (DP 1646).

Cahier des charges

Il appartient à l’Etat de garantir les premières informations aux migrants et de mettre en place des offres de conseil et d’intégration aux nouveaux arrivants. Les cantons et les grandes communes mettront sur pied de tels services à l’intention des travailleurs migrants, mais également des employeurs. Les collectivités publiques et les organisations du monde du travail mèneront des campagnes communes d’information et de sensibilisation.

Un effort particulier sera fait pour l’apprentissage des langues. Cantons et villes veilleront à ce que ces besoins soient couverts. Les divers services de l’intégration conseilleront les entreprises en vue de promouvoir l’apprentissage de la langue locale à leurs collaborateurs.

La Confédération, quant à elle, a chargé l’Institut de plurilinguisme de l’Université de Fribourg d’élaborer une méthode visant à améliorer les cours de langue adaptés aux besoins des migrants. C’est le modèle «Fide»  réalisé en 2009. La Confédération soutient financièrement des programmes linguistiques, comme le lui permet expressément la loi.

C’est déjà le cas pour le programme «L’allemand sur le chantier» organisé cet hiver outre-Sarine par la branche de la construction dont la main-d’œuvre est en majorité étrangère.

Les participants au dialogue reconnaissent que la politique d’intégration est une tâche de longue haleine. Sera-t-elle un remède suffisamment efficace contre la xénophobie? On peut en douter en comparant la vigueur et l’outrance des incessantes campagnes de rejet des étrangers au ton raisonnable du programme à l’horizon 2016.

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Discussion

  • Qand j’entends l’expression « intégration », je pense aux milliers de Suisses  qui vivent à l’étranger, pas en Europe, en Amérique du Nord ou en Australie et Nouvelle Zélande (car il n’y a pas de véritable problème d’intégration pour eux dans ces pays, idem d’ailleurs pour les resortissants de ces pays en Suisse), mais en Asie, en Afrique et au Moyen Orient (italo-, franco- et germanophones confondus dans une unité helvétique reconstituée), avec leur « Swiss Clubs » qui organisent des fondues et des raclettes, voire des journées de tir!, qui ne parlent pas la langue locale, qui ne connaissent que peu la culture et les religions locales, et dont les relations interculturelles se limitent aux contacts avec la collectivité d’expats anglais, américains ou européens et avec l’establishment d’affaires local, menant une vie hors-sol, mais assez arrogants pour se croire supérieurs, pourvoyeurs de valeurs – de travail surtout – que les locaux feraient mieux d’apprendre. De parfaits intégrés!
    Pas comparable à la situation en Suisse? Plus qu’il apparait prima facie: l’exigence d’intégration s’adresse d’abord aux pauvres et aux sans formation. Pas aux riches, aux éduqués et aux Occidentaux qui ont en réalité privilège du choix de le faire ou de ne pas le faire. Je ne remets pas en question le système d’intégration: mais il doit être pour tout le monde ou pour personne. La première bonne leçon d’intégration de notre Etat de droit et démocratique.

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