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Aide aux journaux en ligne: pas pour demain!

Un postulat dont l’opportunité et l’applicabilité doivent encore être soigneusement évaluées

Les journaux en ligne contribuent fortement au débat public, mais ont de la peine à se financer. Il faut donc les aider suggère le conseiller aux Etats Luc Recordon. Le Conseil fédéral propose d’accepter le postulat, ce qu’entérine la Chambre des cantons sans discussion. 

Cette belle unanimité ne fait pas illusion. Rien n’est fait. L’auteur du postulat lui-même affirme, modestement, que la question d’un financement public mérite d‘être étudiée. Elle le sera.

L’an passé, le Conseil fédéral publiait un long rapport sur les mesures visant à garantir la diversité de la presse. Il faisait confiance à l’autorégulation des médias, mais annonçait un réexamen de la situation pour 2015. Le rapport n’évoquait pas le sort des journaux en ligne. En acceptant le postulat, Doris Leuthard les prendra désormais en compte dans sa réflexion.

«La toile est l’avenir de la presse» affirme Luc Recondon dans une interview accordée au magazine EDITO publié par les trois syndicats suissses de journalistes. Pour le conseiller aux Etats vaudois, malgré le nombre élevé de journaux, l’information n’est pas suffisamment diversifiée. Les grands groupes contrôlent les titres principaux et les journaux, par nécessité financière, doivent partager leurs correspondants au Palais fédéral. Les regards croisés sont occasionnels. Il a fallu, par exemple, que ce soit le Nouvelliste du Valais qui sorte l’information sur les malversations de l’Opéra de Lausanne.

Les journaux en ligne peuvent offrir informations et opinions diverses. Mediapart est un acteur majeur de la scène médiatique française. En Suisse, Recordon cite Journal 21 et Tageswoche en allemand, La Méduse et Domaine Public en français. Ces journaux sur la toile peuvent exister parce qu’ils sont essentiellement rédigés par des bénévoles. Journal 21, par exemple, s’enorgueillit de plus de cent collaborateurs. Ce sont, pour la grande majorité, des journalistes à la retraite. Leurs regards et leurs opinions enrichissent la palette médiatique, mais ne sont évidemment pas «l’avenir de la presse».

La Confédération assure une bonne part du financement des médias radio-TV par le système de la redevance. Elle soutient la presse imprimée par un allègement des taxes postales, par un taux de TVA réduit. Ces aides pourraient être renforcées. Mais elles ne sont pas applicables aux journaux en ligne. Seule une aide directe serait possible. Son application poserait le redoutable défi de l’établissement de critères y donnant droit, tout en garantissant l’indépendance des bénéficiaires face à l’Etat mais sans maintenir artificiellement des médias mal gérés ou sans public.

Des pistes existent avec le système de la redevance radio-TV octroyée aux médias consacrant un temps d’antenne suffisant à l’information politique. Le rapport gouvernemental de 2011 esquisse la possibilité d’une aide à la diversification de la presse par l’intermédiaire d’une Fondation.

De toute manière, une généralisation de l’aide directe exigerait une modification constitutionnelle et le Conseil fédéral n’est guère chaud pour tenter cet exercice politique hautement délicat. Il faut donc se contenter, pour l’heure, d’étudier la question.

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Discussion

  • Avec les infos reprises en boucle pourquoi s’abonner diront beaucoup d’ internautes, quand aux autres un peu moins accros ils répondront avec ce lavage de cerveau auquel on est convié, surtout avec le RER-Transrun pour les habitants de ce canton, même ceux n’ayant aucun ordinateur hésitent de plus en plus à renouveler leur abonnement. C’est comme si on avait voulu les dégoûter de la presse, la même chose avec la fumée passive. Ce n’est pas à la presse d’insister sur les résultats à obtenir pour n’importe quelle votation ou initiative. Beaucoup de lecteurs sont fâchés mais à qui la faute? Sans doute a quelques partis qui bien entendu nieront comme d’habitude. Le consommateur averti quand à lui refuse de continuer de jouer à ce jeu de dupes.

    Concernant les abonnements numériques, certains journaux exigent une carte bancaire et tout le monde, surtout dans les plus anciens, n’acceptent pas non plus de jouer à ce jeu stupide qui ressemble de plus en plus à de l’intimidation ni plus ni moins.

  • Ce d’autant plus que les subventions à la presse écrite semblent elles aussi devoir passer à la trappe dans le cadre du programme d’économies, si l’on en croit le brave Schneider-Ammann, qui trouve trop compliqué de devoir sélectionner les élus, pour 50 pauvres millions

  • Il est évident que la démocratie a besoin pour exister d’une presse professionnelle et libre. Or, une presse professionnelle ne peut pas être libre, car les pros doivent être payés, comme disait La Palisse, et qui paie commande. Qui doit avoir le bouton du siège éjectable si un journaliste se révèle incompétent?
    Avez-vous une idée pour que les journalistes ne soient dépendant ni des gouvernements, ni des revenus publicitaires, étant donné que dans les deux cas leur liberté risque, potentiellement, d’être sérieusement limitée?
    La seule idée que je peux imaginer n’est jamais proposée: la presse est financée par de l’argent public, à hauteur d’un pourcentage du budget de l’Etat fixé dans la Constitution. Le public décide de la répartition de ce financement. Afin de garantir un maximum de diversité, chaque lecteur-électeur a cinq points. Cette année, je donne un point au Courrier, un à la l’Impartial (par régionalisme), un à Gauchebdo, un à Pages de Gauche, un à DP. Le Temps, j’aime bien le lire, mais il est vraiment trop à droite.  Il ne reste plus qu’à définir combien de francs vaut un point et à fixer certaines règles. Les journaux qui acceptent le financement public:
    – renoncent à toute rentrée publicitaire.
    – ne peuvent pas utiliser cet argent pour faire autre chose.
    – doivent être gérée à l’interne de façon démocratique, avec élection du réd chef par les journalistes
    – doivent mettre leur contenu gratuitement à disposition du public sur Internet et ne peuvent pas facturer les supports papier plus cher que le prix nécessaire pour couvrir les frais d’envoi et d’impression.
    A cette idée on objecte parfois que la presse serait trop politisée avec un tel système, mais je pense au contraire que l’écrasante majorité des lecteurs-électeurs voterait pour des journaux objectifs plus que partisans.
    Aussi incroyable que cela puisse paraître, beaucoup de journaliste m’ont dit qu’ils étaient opposés à cette idée parce qu’ils sont contre l’idée d’une presse d’Etat, alors que j’ai précisément le soucis d’empêcher tout contrôle gouvernemental sur la presse. Bref, j’ai des dialogues d’autistes avec ces gens qui par ailleurs défendent la structure actuelle de la RTS, qui est une radio-télévision d’Etat.

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