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Participation des travailleurs: la Suisse à la traîne

La conseillère nationale Susanne Leutenegger Oberholzer veut relancer le débat

Photo Kellerabteil
Photo Kellerabteil (licence CC)

La participation des travailleurs au sein des entreprises resurgit prudemment à Berne. Très remontés contre les salaires excessifs des managers, le syndicat Travail.Suisse et le parti socialiste ont demandé une représentation du personnel dans les conseils d’administration, l’organe qui décide de leur rémunération. Sans surprise, la mesure a été balayée par la majorité parlementaire dans la réforme en cours du droit des SA.

La Suisse n’est donc pas prête à la co-décision que connaissent de longue date les entreprises allemandes à partir de 1000 salariés. Cette forme exigeante de participation des travailleurs a disparu du calendrier politique après le rejet massif par le peuple suisse en 1976 d’une initiative de l’Union syndicale.

Les formes plus modérées de la participation, le droit à l’information et à la consultation, sont apparues en 1994, avec une loi figurant dans le train de mesures Swisslex lancé après le rejet de l’EEE. Ce texte permet la création d’un comité d’entreprise à la demande d’un cinquième du personnel. Cet organe représentant les travailleurs est informé une fois l’an sur la marche des affaires et de l’emploi. Il est consulté sur les normes de sécurité, sur les licenciements collectifs et le sort des contrats de travail lors du transfert à une autre entreprise.

Cette loi n’est qu’un tigre de papier, estime la conseillère nationale Susanne Leutenegger Oberholzer (PS BL) qui demande son renforcement dans une motion soutenue par 21 parlementaires. Le comité d’entreprise devrait être obligatoire et ses droits plus étendus. Plusieurs conventions collectives sont nettement plus exigeantes. Un renforcement de la loi représenterait un rattrapage social pour 50% des travailleurs que ne sont pas couverts par une CCT.

Dans une seconde motion, Susanne Leutenegger Oberholzer demande que la Suisse reprenne la directive de Bruxelles sur les comités d’entreprise européens. Les entreprises présentes dans plusieurs pays européens et comptant au moins 1000 salariés sont tenues d’accepter une représentation du personnel. Soixante de ces entreprises transeuropéennes ont une filiale en Suisse. Mais le personnel qui y travaille n’a pas le même droit à une représentation que dans le reste de l’Europe, car la directive ne s’applique chez nous qu’à bien plaire. Certaines entreprises, comme ABB, jouent pleinement le jeu de la participation à l’européenne. En revanche, les salariés suisses de Siemens sont privés de toute représentation. D’un geste qui ne coûterait rien aux entreprises suisses, Berne pourrait éliminer cette discrimination par l’adhésion à la directive européenne.

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Discussion

  • Quiconque a été patron, même et surtout d’une petite entreprise, aura fait le constat amer que si une chose fait horreur à tout employé ou ouvrier, c’est bien de participer si peu que ce soit à la responsabilité. Aucun employé, pour rien au monde, ne veut s’occuper des soucis du patron. Je l’ai constaté en proposant des gratifications liées au résultat, qui ont été refusées avec méfiance comme on soupçonnait une arnaque. Ce que demande l’ouvrier c’est que sa paye soit payée le 25 du mois, pas le 26. Que le patron soit dans les ennuis, qu’il risque de perdre sa maison, sa caisse de pension et même sa femme qui le quittera en cas de dépôt de bilan, l’ouvrier n’en a rien à battre. La seule chose qui scandalise un ouvrier c’est que la paye soit payée avec une semaine de retard parce qu’un gros débiteur est défaillant. Alors, la « Mitbestimmung » à l’allemande, j’en ai tiré la conclusion que c’est de la foutaise. Ca ne peut entrer en ligne de compte que pour de très grandes entreprises et de toute façon ce n’est absolument pas ça qui intéresse les collaborateurs.

    • Monsieur Curieux, je suis d’accord avec vous qu’en cas de difficultés, c’est le patron qui paie. je vous laisse vos exemples car votre vie privée de m’intéresse pas. Mais dire que le employés ne pensent qu’au jour du paiement de leur salaire et pas aux problèmes de l’entreprise est faux. Au contraire, ils sont très sensibles aux problèmes et il est du devoir de tout bon employeur d’en parler avec eux. Il est surprenant de voir à quel point les employés se sentent valorisés lorsqu’on joue la transparence avec eux. Il est surprenant de voir les propositions qui proviennent de leur part. En qualité d’employeur, j’emploie des êtres humains capable de discernement et non un facteur de production travail. Ou alors je suis un mauvais gestionnaire. « Les hommes » comme les officiers du militaire aiment à désigner leurs subalternes, c’est un manque de respect scandaleux pour l’être humain, en plus un concitoyen. Jamais une personne qui pense en « hommes » aura une place dans mon entreprise, par manque de qualifications dans la direction du personnel.

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