Mode lecture icon print Imprimer

La santé de l’Allemagne est plus importante que le prix du franc

Les exportations helvétiques ne dépendent que de manière modérée des taux de change

Photo Pierre Luypaert Photo de Pierre Luypaert (licence CC)
icone auteur icone calendrier 4 juillet 2011 icone PDF DP 

Thématiques

La cherté du franc menace les entreprises exportatrices: même s’ils diffèrent sur le remède, patronat et syndicats, gauche et droite, ne discutent pas le théorème économique du moment. Le raisonnement est logique: lorsque le franc suisse s’apprécie au regard des devises de nos principaux clients – l’euro, mais aussi le dollar ou le yen – les produits suisses deviennent automatiquement plus chers. Ils sont donc moins vendus.

Toutefois, comme dans n’importe quel marché, le prix n’est qu’un des facteurs qui influence la demande des produits d’exportation. La demande des produits d’exportation dépend également de la santé économique de nos partenaires commerciaux. S’ils sont en forte croissance, ils nous achètent plus de biens.

Alors, du taux de change ou de la bonne conjoncture économique, quel est le facteur déterminant?

Une étude de Credit Suisse réalisée en 2009 avait comparé l’élasticité des exportations par rapport à la demande étrangère et par rapport au taux de change. Elle arrive à la conclusion que le volume des exportations suisses est très sensible à la croissance des partenaires commerciaux tandis qu’il est «relativement inélastique par rapport aux fluctuations des taux de change». Ainsi, si l’Allemagne a une forte croissance économique comme en 2010 (3,6%), les exportations suisses vers ce pays croissent en règle générale du double, soit de 7,2%. Alors que si le franc s’apprécie de 1%, la diminution n’est que de moitié soit 0,5%.

Les exportations suisses ont donc beaucoup plus souffert de la crise financière de 2007 qui a entraîné un ralentissement quasi mondialisé de la croissance que de l’actuelle cherté du franc. Grâce à la croissance soutenue de nos clients – et surtout de l’Allemagne qui bénéficie, elle, de la baisse de l’euro -, les exportations suisses se portent actuellement bien.

A cela s’ajoute que les produits helvétiques se caractérisent par leur haute qualité ainsi que par leur forte intensité de connaissance et de recherche. Les acheteurs ne renoncent pas facilement à la qualité et à l’innovation même si les prix augmentent quelque peu.

Une raison de plus pour que les salariés refusent d’accepter les sacrifices demandés par un secteur économique qui semble profiter de l’occasion pour diminuer ses coûts.

DOMAINE PUBLIC

Analyses, commentaires et informations sur l'actualité suisse
Un point de vue de gauche, réformiste et indépendant
En continu, avec liens et réactions sur http://www.domainepublic.ch
Chaque semaine, par courriel, sur papier ou comme eBook (gratuit).

Lien vers l'article: http://www.domainepublic.ch/articles/17973
logo creative commmons Republier
La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, http://www.domainepublic.ch/articles/17973 - Merci
fleche imprimer Envoyer Envoyer

Si vous avez apprécié cet article, ne manquez pas les prochains en vous abonnant gratuitement au moyen d'une des trois options suivantes.

L'hebdomadaire

Recevez tous les lundi par courriel le sommaire des nouveaux articles et le lien vers l'édition PDF ou l'édition eBook.

Articles par courriel

Recevez chaque article dès parution (un courriel par jour au plus).

Flux RSS

Lisez les articles dans votre agrégateur, ajoutez les sur votre blog ou site.

Discussion

  • 1
    Giordano Victor says:

    Vos articles sont intéressants. Mais le souci de l’orthographe ne vous habite guère.
    Vous écrivez: ils ont beaucoup plus soufferts
    et quasimondialisé     (trait d’union devant un un nom seulement).

    C’est dommage…

    (Réd.) Le premier point était déjà corrigé en ligne, le second vient de l’être, merci!

Les commentaires sont fermés.