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En démocratie, violence et menaces sont intolérables

L’opposition à l’UDC n’a que faire des ennemis de la démocratie

Photo Lode Rummens
Photo de Lode Rummens (licence CC)

Vendredi, le conseiller national UDC Hans Fehr a été agressé physiquement. Non par un déséquilibré isolé, mais par un groupe de militants se réclamant de l’extrême gauche et de la lutte contre l’UDC. En novembre de l’an dernier, des universitaires opposés aux idées de l’UDC ont fait pression et – chose incroyable – obtenu sans coup férir l’annulation par l’Université de Lausanne de son accord pour que le parti y tienne son congrès national. Et en octobre 2007 déjà, des casseurs cagoulés avaient empêché les sympathisants de l’UDC de défiler dans les rues de Berne.

Domaine Public s’honore d’incarner une opposition implacable, cohérente et argumentée à l’UDC blochérisée, dont nous réclamons sans nous lasser qu’elle soit écartée de la coalition de fait des partis gouvernementaux parce qu’elle n’en respecte plus l’esprit , depuis au moins une dizaine d’années. Cela nous met à l’aise pour dénoncer sans réserve le franchissement par d’autres adversaires de l’UDC de la ligne entre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas en démocratie. Combattre l’UDC politiquement par l’argumentation, lui porter la contradiction par la mise en oeuvre de propositions plus opportunes et efficaces que les siennes, manifester son indignation pacifiquement pour ne pas lui laisser le monopole du discours, oui. L’empêcher de se réunir par la menace ou par la force, exercer des violences contre les personnes ou les biens, non.

La démocratie ne se divise pas.

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Discussion

  • Vous vous mettez là dans le rôle du parfait Ponce Pilate qui veut ne s’en tenir qu’aux paroles et qui n’en mesure souvent pas la portée .
    Mais il faut bien avouer que la gauche en général, de par son attitude, a provoqué ce genre de groupuscules à passer à l’action!
    Il est à souhaiter qu’il n’y ait pas de contre-réactions musclées à ce genre d’incidents.
    Et il vous faut aussi bien vous imaginer qu’il existe des nuées de citoyens qui en ont par-dessus la tête de vos propos de dénigrement continuel de l’UDC que vous tenez à diaboliser par tous les moyens, quoique vous en disiez.

  • 2
    Jean-Paul Borel

    Belle et claire prise de position, à laquelle j’adhère totalement. La liberté d’expression a toutefois des limites; dans ses arguments, il arrive que l’UDC mente ostensiblement, donc trompe les récepteurs de leur discours. Il serait bon, dans de tels cas, de réagir plus que par des arguments opposés. Existe-t-il une façon juridique d’intervenir?

  • Cet incident violent illustre parfaitement le fossé croissant entre les bonzes qui prétendent mener le monde et la racaille qui subit cette tentative de domination. Entre le soit-disant « élite » à la tête de ce pays et la populace, le courant ne passe tout simplement plus.
    je me souviens du temps lorsque le citoyen lambda entrait dans le Palais Fédéral comme dans un moulin, allait s’asseoir dans les rangs des spectateurs dans la salle du Conseil National – ou des Etats – suivait les débats durant un moment et repartait tranquillement. C’était le temps où nos ministres venaient au boulot en tram, sans gardes du corps.
    La dernière fois que j’ai assisté en tant que spectateur à une séance de tribunal, à Fribourg, lesdits spectateurs ont été fouillés par la police comme de vulgaires terroristes; des sexagéanires lambda, venus assister au débats dans une affaire qui aurait pu, et du, se régler en un mois au plus et qui traînait depuis une demi génération. J’ai moi-même été impliqué dans des affaires civiles ou pénales qui ont mis des années pour ne PAS trouver de solutions.
    Je pourrais continier encore longtemps sur ce sujet. Mais on n’a plus rien à se dire.

  • Tabasser quelqu’un, même son pire ennemi politique, est un délit pénal qui doit être poursuivi par la justice. Faire usage de la violence en politique est une violation de la liberté d’expression et affaiblit les droits fondamentaux de la constitution. Politiquement, l’attaque contre Fehr c’est une imbécillité totalement contre-productive qui cause un dommage à l’opposition à l’UDC. Cette dernière saura en faire usage politique, avec bon droit. L’opposition à la ligne politique de l’UDC et à ses attaques verbales populistes doit cependant, à mon avis, rester dure et sans concessions, dans les limites de la légalité.

  • 5
    francoise buffat

    Bravo pour cette mise au point claire et courageuse.

  • 6
    Jeanneret Pierre

    J’ai, en d’autres lieux, manifesté la même opposition à toute dérive – même « justifiée » par la lutte contre le « fascisme » – et suis heureux que DP se prononce avec une telle clarté, laquelle n’exclut nullement la lutte démocratique qu’il convient de poursuivre contre certaines idées détestables véhiculées par l’UDC.

  • Bien sûr, vous avez raison, mille fois raison: la démocratie et la violence n’ont rien à faire en commun. Et vouloir faire taire un adversaire par la violence est inadmissible.

    Reste que l’unanimité de vos voix interpelle, parce qu’il y a toujours une violence dans l’unanimisme, quelque chose comme une interdiction de s’aventurer en terrain dangereux; comme si à penser quelque chose là autour, on prenait le risque de fissurer les seules certitudes par lesquelles nous tenons ensemble. Et que cet empressement à entonner son accord foncier avec ces valeurs-là témoigne de l’inquiétude qu’elles ne commencent à prendre l’eau: l’espace public, la libre circulation des idées et des convictions, l’idée d’une communication sans contrainte dans laquelle doit seul prévaloir la qualité des arguments, etc.. Bien sûr, idéalement, en principe,nous y sommes tous « violemment » attachés.

    Mais, dans les faits, dans notre pays (et ailleurs), avons-nous affaire à cela? à un espace de libre confrontation des idées régi par la règle du meilleur argument? Opposer l’idéal au fait de la domination massive du slogan, du mensonge, de la manipulation par la peur est peut-être, idéalement, souhaitable, mais de facto n’est-ce pas politiquement suicidaire? Notre espace politico-médiatique est si peu démocratique, je veux dire si peu attaché à écouter les analyses politiques provenant de groupes minoritaires… Que je sache, à ce jour, je n’ai jamais vu sur le plateau d’Infrarouge de collaborateur de DP. N’est-il pas singulier que, sur nos plateaux radio-télé, on trouve systématiquement un représentant de chaque parti gouvernemental, et basta? (Ah oui, j’oubliais les fameux « spécialistes en communication » dont l’apolitisme penche systématiquement en faveur d’un ultra-libéralisme dont les affinités avec l’UDC, encore une fois, sautent aux oreilles).

    La règle du droit de parole, en clair, est: celle du rapport de force électoral; pas celle du meilleur argument. Telle est la situation.

    L’UDC frise avec les 30% des voix: Hans Fehr a le droit de dire ce qu’il veut, quelle qu’en soit la fausseté. Et les médias ont le devoir de relayer, diffuser, dupliquer, multiplier son propos – jusque dans les gratuits et ainsi est atteint l’électeur lambda qui, devant cette unanimité, finit par se dire, oui y’a un problème avec les criminels étrangers, faut qu’on s’en débarrasse, faut voter pour le parti qui va nous régler ça.

    Et on vit dans cet air irrespirable où il n’est simplement plus possible de dire la vérité sans passer pour un anti-démocrate, voire, carrément un ennemi du peuple; où on ne peut se brancher sur un média d’information sans être inondé, sali, pollué de ce mensonge généralisé qui envahit jusqu’à l’air qu’on respire.
    Publier une réaction dans DP. Qui la lira? Quel sera « l’impact factor » comme on dit aujourd’hui? Electoralement, le nerf de la guerre, nul! Le lecteur de DP est généralement plutôt à gauche – sauf si, à la manière de « Curieux », il cherche juste à agacer ce qui est à ses yeux le conformisme de gauche (il fait réagir quelqu’un, il est content) – de sorte qu’une critique, une dénonciation des propos de Fehr dans DP est, électoralement encore une fois, un pets dans l’eau: pas un électeur de moins pour l’UDC. Sympathique, fait du bien, ok, nous redonne le sens collectif de notre dignité, certes. Mais politiquement, une mini-bulle. Et la gauche de continuer de couler. Jusqu’où? Et à quel étiage un organe comme DP deviendra-t-il simplement impossible?

    Que faire? comme demandait l’autre…

    En sorte que la question que nous pose la situation politico-médiatique actuelle dans notre pays est très exactement la suivante: qu’est-ce qu’agir? qu’est-ce qu’une action dans un contexte marqué par un parti qui, en raison de sa puissance électorale, 1. a un accès illimité à tous les grands médias nationaux 2. dispose en outre d’un trésor de guerre pour mener campagne qui n’a pas d’égal en Suisse (grâce à la fortune de ses leaders) et 3. à la faveur de cette situation peut mentir éhontément à longueur de journée, sans jamais risquer d’être contredit.

    Un journaliste de chaîne publique s’autoriserait à le faire qu’il serait immédiatement taxé de partisan et licencié sur-le-champ (en tout cas, n’en ayant jamais entendu un, je suppose que telle doit être à peu près la situation); quant aux représentants des groupes politiques opposés (aujourd’hui, parmi les partis gouvernementaux, il ne reste guère que les socialistes à aventurer des arguments ouvertement anti-UDC), invités dans le cadre de débats contradictoires, ils s’époumonent déjà suffisamment à tenter de faire passer leurs idées dans le peu de temps qui leur est imparti sans pouvoir s’occuper à débusquer tous les mensonges de l’UDC – ce, d’autant plus qu’en outre, s’ils le tentent, leur opposant fera tout pour les couvrir (en les interrompant, en attaquant sur un autre terrain: méthodes connues, éprouvées, efficaces) et le journaliste, à nouveau de peur de passer pour partisan, laissera faire.

    La situation est donc que l’UDC a purement et simplement le champ libre pour déverser ses mensonges dans l’espace public. Un peu comme les nazis, dès le début des années 30, n’ont plus rencontré d’opposition médiatico-politique sérieuse en sorte qu’ils ont pu très rapidement s’emparer du pouvoir et de tous ses rouages. Car rappelons-le à ceux qui l’auraient oublié: le parti national-socialiste a accédé au pouvoir par les voies « démocratiques »: il a conquis par les urnes la majorité relative (env. 33%!) rendant inéluctable la remise entre ses mains des clés de l’exécutif. Et ceux qui voyaient dans le parti nazi une menace pour la démocratie et les droits se virent écartés en raison de leur « extrémisme »…

    Encore une fois, la question est: qu’est-ce qu’agir lorsque s’affirme de plus en plus nettement le profil de la menace brune? Certes la violence, désespérée, est vaine: car sans nul doute M. Fehr gagnera politiquement à se parer de l’aura du martyr pour ses « idées » et trouvera un écho redoublé auprès de ses troupes qui pourrait bien faire contagion… D’un autre côté, ce n’est pas, malheureusement, sa critique affûtée, intelligente, précise dans DP qui menacera le moins du monde M. Fehr.

    Geste imbécile, peut-être, sans doute – si l’on prend pour baromètre les principes de l’espace démocratique ou celui de l’efficacité politico-électorale… Mais surtout geste désespéré de militants qui ne voient plus aucune possibilité de se faire entendre dans l’espace public tant seule la voix de l’UDC s’y fait encore entendre. (Et les voix PLR et PDC dira-t-on? Elles sonnent tellement, aujourd’hui, comme leur écho grimaçant…).

    Bref, plutôt que la condamnation pure et simple, j’invite à comprendre les raisons de fond d’un tel geste. Et, décidément, elles me semblent, malheureusement, avoir un poids qui pourrait bien s’alourdir avec les prochaines élections.

    Que nous restera-t-il? Nous sera-t-il possible de faire entendre notre désaccord autrement que par le geste violent? Qui nous prendra au sérieux? Les « organes de presse » de « gauche » devront-ils juste faire tapisserie et offrir à leurs sympathisants l’espace où ventiler la colère de leur impuissance?

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