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Fin des énergies fossiles: un livre au cœur de l’actualité

Un ouvrage du conseiller national Roger Nordmann publié aux édititions Favre

La planète se réchauffe. Le pétrole va manquer. Le nucléaire est dangereux et l’uranium se fait rare. Pour ne pas aller dans le mur, il faut économiser l’énergie et développer l’électricité renouvelable. Tel est, à gros traits, le contenu du livre Libérer la Suisse des énergies fossiles qui vient de paraître aux Editions Favre.

Son auteur, le conseiller national socialiste vaudois Roger Nordmann, n’est pas ingénieur électricien ni expert climatique. Mais par une minutieuse compilation des informations récoltées aux meilleures sources et avec le contrôle de son réseau de spécialistes, il propose, sous forme de trois projets détaillés, un programme politique concret au cœur de l’actualité. La préface de Bertrand PicCard y apporte une touche de crédibilité non partisane.

Le transport routier et aérien est responsable pour près de la moitié des émissions de gaz à effet de serre. La taxe CO2 sur les carburants n’a pas encore passé la rampe. D’autres mesures politiques s’imposent. Un aménagement du territoire plus rigoureux doit diminuer les trajets pendulaires. Les transports en commun divisent par cinq la consommation d’énergie. L’Association Transport et Environnement (ATE) vient de déposer une initiative pour financer leur développement. Les progrès technologiques permettront, à terme, la généralisation de la voiture électrique.

Les bâtiments absorbent 45% de l’énergie consommée en Suisse. Or, fait positif, les techniques d’assainissement sont ici au point. Le bâtiment neuf produisantde l’énergie est une réalité. Les rénovations peuvent réduire la consommation de 50 à 80%. De plus, un consensus politique existe et des crédits sont débloqués pour passer à l’action avec la bénédiction des constructeurs et des propriétaires. La taxe CO2 sur les combustibles est en place. Il faudra cependant du temps pour assainir le parc immobilier. Pour accélérer le mouvement, il conviendrait de quadrupler le financement public.

Le troisième projet, point névralgique du livre, entend prouver que le passage à l’électricité entièrement renouvelable est possible à l’horizon 2030-2040. En voici les grandes lignes.

On peut réduire d’un tiers la consommation actuelle par des appareils plus performants. Ces économies devraient permettre d’absorber la consommation due à la mobilité électrique et à l’augmentation de la population.

L’électricité nucléaire qui couvre environ 40% de la consommation actuelle, quelque 30 TWh (terawattheures), serait abandonnée au profit des énergies renouvelables. Ce grand défi peut être relevé. Les diverses énergies vertes se répartiraient la tâche:

  • Biomasse 4 TWh
  • Hydroélectricité 2 TWh
  • Géothermie 2 TWh
  • Eoliennes 5 TWh
  • Photovoltaïque 15 TWh

La Confédération a déjà mis sur pied un mécanisme d’encouragement aux énergies renouvelables. Le courant vert est repris au prix coûtant par le réseau. Le montant débloqué par Berne pour couvrir la différence avec les prix du marché n’accorde qu’une faible part de 5% au photovoltaïque. Et pourtant cette technique de production décentralisée a un énorme potentiel en se limitant aux toits bien orientés.

La généralisation de l’électricité verte en fera baisser les prix. Elle devrait être concurrentielle avec le courant produit par les centrales à gaz. Roger Nordmann reconnaît que l’électricité nucléaire, avec tous ses défauts et ses menaces, resterait sensiblement meilleur marché.

Les toutes récentes déclarations conjointes de Moritz Leuenberger et Doris Leuthard sur la promotion de l’économie verte et le projet de renforcement des normes sur les appareils sobres montrent qu’un consensus se renforce vers une nouvelle gestion de l’énergie, celle que défend le livre de Roger Nordmann. Avec une exception de taille. La confrontation au sujet du nucléaire est inéluctable.

Offre spéciale: les lectrices et lecteurs de DP peuvent commander le livre, en français ou en allemand, directement à l’auteur (envoi postal offert).

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Discussion

  • C’est bien de rêver, mais soyons réalistes :

    Eolien : 5 TWh ~ 3 GW installés (disponibilité ~ 20%)
    Solaire : 15 TWh ~ 15 GW installés (disponibilité ~ 12%)

    Donc, une puissance installée d’env. 10 centrales nucléaires modernes (EPR, Olkiloto 3, 1.6 GW, disponibilité > 90%). Concrètement :
    – Eolien : 1’000 grosses éoliennes de 3 MW
    – Solaire : de l’ordre de 100 km2, ou 33 m2 sur 3’000’000 maisons…
    Mais ce n’est pas tout. Comme le vent et les renouvelables sont des énergies très capricieuses, on devrait fortement augmenter la capacité de nos barrages de stockage, d’autant plus que nos voisins européens, s’ils font une politique semblable, auront les mêmes problèmes… et nettement moins de barrages. De plus, il faudra investir massivement dans le réseau électrique pour permettre tous ces transferts à l’échelle européenne. À ce titre, l’étude citée dans un article précédent, qui ne tient absolument pas compte de ces coûts supplémentaires, est une monstre supercherie ! Quelques questions restent donc ouvertes :

    Qui payera les barrages de stockage et les lignes HT ?
    Une telle politique d’énergie électrique ne risque-t-elle pas de succomber sous les feux croisés des anti-renouvelables et des verts (anti lignes HT, anti éoliennes et anti barrages) ?

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