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La question préalable

Succession de Leuenberger et Merz: le paradoxe d’une élection dépolitisée au moment où se posent des questions cruciales d’orientation gouvernementale

Photo de Sandstein Photo de Sandstein (licence CC)
icone auteur icone calendrier 16 août 2010 icone PDF DP 

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Tout devrait se passer comme prévu, sauf accident. Un-e socialiste remplace un socialiste et un-e radical-e, un radical. L’enjeu se limiterait au choix des candidats. Déjà moulins et lobbies ont commencé à moudre. L’élection ne sera que complémentaire. Inutile d’anticiper sur le renouvellement général de l’Assemblée fédérale, agendé l’an prochain. Tel est le langage apaisant que MM. Levrat et Pelli tiennent de concert, politiquement désamorcé.

Et pourtant socialistes et radicaux, forts d’une cinquantaine de voix chacun, sont loin, fort loin, de la majorité absolue. Si 60 votes UDC, et 20 écologistes, font défaut, l’appui du PDC pourrait se révéler indispensable, donc monnayable. Et, ô horreur, socialistes et radicaux pourraient poser des conditions à leur appui réciproque. La boîte de Pandore est à refermer au plus vite. Rien de politique. Ce n’est qu’une élection complémentaire.

Vu de l’extérieur

La Suisse n’a pas encore trouvé sa place naturelle au sein de l’Europe. Ce constat est le fait majeur qui doit guider l’action. L’objectif c’est le repositionnement. Et il implique des relations de confiance avec l’Union européenne. Comme Domaine Public l’a exposé, avec insistance, la question première à régler ce n’est pas l’imposition de l’épargne, qui sera l’objet de négociations, difficiles mais prévues de longue date. En revanche, la liberté abusive prise par certains cantons pour l’imposition des holdings et des sociétés d’administration doit être corrigée, sans négociation, par notre propre décision.

L’élection de deux conseillers fédéraux, notamment du radical dont le vote peut décider d’une majorité dans le collège, doit faire l’objet d’une discussion politique publique et d’un engagement. Et, sous l’épreuve de force, la question qu’il faudra bien trancher: quelle coalition gouvernementale? avec ou sans l’UDC? Au parti socialiste de la poser déjà lors de cette élection – qui est non pas complémentaire, mais préalable.

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Discussion

  • 1
    curieux says:

    De quel droit le parlement, ou le monde politique, pourrait-il trancher à sa guise une question déjà tranchée par le souverain ?

    Le 76.8% des votants et la TOTALITE des cantons ont tranché cette question en disant que la place naturelle de la Suisse est hors de l’UE. Donc, en démocratie, les élus doivent s’y plier et négocier avec l’UE dans le but de faire respecter notre souveraineté. La volonté du souverain est que nous ne voulons en aucun cas nous soumettre aux contraintes illégitimes que l’UE prétend imposer à ses états sujets, dont nous ne faisons pas partie. Nous voulons garder nos avantages et acceptons d’éventuels inconvénients qui pourraient en être le prix. Toute approche différente de la part de ces serviteurs du peuple et des cantons que doivent rester les élus ne serait qu’abus de pouvoir et forfaiture.

    Dès lors il est normal que cette élection soit considérée comme une élection de routine, rien de plus, avec la petite cuisine politique habituelle.

    Au sujet de la « liberté abusive prise par certains cantons pour l’imposition des holdings et des sociétés d’administration » on ne voit pas ce qu’elle a d’abusif. Ne sommes-nous donc plus un état souverain, dans les affaires intérieures duquel des puissances étrangères ont interdiction de s’ingérer?

    Ceci étant dit, il pourrait être politique de ramener l’imposition des sociétés ordinaires au même niveau, bas, que les holdings et sociétés d’administration. Ce serait une réforme  très bénéfique pour l’activité économique, l’emploi et la prospérité. Et rien ne nous empêche en effet, de la décider nous-mêmes. Cela couperait l’herbe sous le pied du Moloch bruxellois, qui ne veut pas ça, et sera donc mécontent. Il s’empressera alors d’élever d’autres exigences, tout aussi impudentes, auxquelles il faudra résister.

    Ce qui est réjouissant c’est que les résistances à la suppression du privilège holding sont très fortes chez les responsables cantonaux des finances, même quand ils sont de gauche et en principe pro européens, comme c’est le cas de Jean Studer à Neuchatel. Ils ont un besoin vital de ces recettes et n’y renonceront pas volontiers. Tant mieux! Il y a là un obstacles pratique qui retiendra ces dirigeants politiques de se coucher devant des exigences scandaleuses et qui rendra très difficiles l’applaventrisme servile qui est la tentation du monde politique.

Les commentaires sont fermés.