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UBS désembourbée, UDC démasquée

Leçon à tirer d’un épisode historique et pénible

Photo de Olivier
Photo de Olivier (licence CC)

Le résultat est tombé. Prévisible et prévu. L’accord de Washington a été ratifié, la seule incertitude ayant été, à ne jamais exclure, un accident de parcours comme un pneu crevé.

Le Conseil fédéral n’a pas été désavoué, les représentants des banques, de l’économie ont su se faire entendre, les partis ont joué leur rôle de courroie de transmission.

Quelle leçon tirer de cet épisode de notre histoire?

Tout d’abord un engagement réel des parlementaires. Ils étaient conscients de l’importance de l’enjeu. Ils n’ont pas tenu un rôle convenu. Ils ont vécu leur vote. Pas d’anti-parlementarisme donc.

Et pourtant les députés ont échafaudé trop de variantes, trop de «à condition que». Les commentateurs presque sans exception parlaient de poker (ou de poker menteur). Ces défis animaient la partie mais ne trompaient que le temps d’un Forum.

A relever que l’UDC, qui avait trois cartes à jouer, le oui, le non et l’abstention, les a jouées successivement si maladroitement qu’elle s’est déconsidérée. Il sera difficile à ce parti de faire admettre, lui qui se veut le héraut des droits populaires, qu’un tel traité échappe à la sanction du référendum. Si l’UDC s’est «marché dessus», c’est qu’elle a dû, au final, faire la démonstration que, sous ses airs populistes, elle est tenue en laisse par les forces économiques. Sa crédibilité électorale est atteinte durablement.

Cet épisode reste une manœuvre de sauvetage. Or, le pays n’a pas besoin d’écopeurs, mais de barreurs. La Suisse doit se repositionner, mettre fin à ses profits, déloyaux quand ils sont faits au détriment de pays partenaires. Il est impérieux qu’elle donne d’elle une autre image que celle d’un thésauriseur qui sauve ses privilèges.

L’attente de ce repositionnement est forte, elle devrait être portée par le Conseil fédéral, un autre Conseil fédéral. Il pourrait être représentatif et recteur de tous ceux qui professionnellement et socialement constituent le pays réel, inventif, engagé, et qui n’a rien à voir avec les turpitudes d’UBS.

Mais, dans cette Suisse bancaire, les conditions politiques de cette rupture ne sont pas pleinement réunies. Encore un effort!

DOMAINE PUBLIC

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Discussion

  • 1
    Beljean Jean-Jacques

    L’attitude de l’UDC n’aura aucune influence sur son électorat. Je ne suis pas sûr que ses cadres romands aient même compris qu’ils sont les faire-valoir de millardaires zuricois qui n’ont aucun vergogne et donc aucun état d’âme à les envoyer au casse-pipe et à les traiter comme des serpillières à user jusqu’à la corde.

  • Je suis entièrement d’accord avec le commentaire de Beljean. C’était déjà incompréhensible que beaucoup de Romands se sont  laissés entraîner à voter pour ce parti, dirigé par 2 milliardaires et leurs sbires zurichois, nationalistes et antisociales à outrance, qui s’inspirent de l’état d’esprit du temps de la deuxième guerre mondiale pour servir assez ouvertement les intérêts du capitalisme néolibéral.   Enfin M Perrin a compris qu’il ne jouait que le rôle d’alibi romand, tout comme Nadja Pieren d’alibi femme.

  • C’est un parti qui utilise la démagogie anti-étrangers, anti-musulmans, anti-plein d’autres encore pour rassembler un électorat caractérisé par des revenus plutôt faibles et surtout un niveau d’instruction basique. Puis, les élections passées et à l’exception de quelques incartades populistes pour entretenir cette relation, ce parti se consacre à la défense des intérêts de classes sociales aux revenus élevés et très éloignées de l’électorat populaire.
    La situation risque de durer, car si l’électorat populaire saisit  relativement bien les problématiques liées aux minarets ou aux délinquants étrangers, les questions liées à la fiscalité, aux accords bancaires ou aux assurances sociales lui échappent un peu plus. Comment comprendre ce genre de  questions à l’aide de « 20 minutes » ?
    L’enjeu pour la gauche serait-il désormais de démasquer plus bruyamment cette duplicité ? Ou de laisser les classes populaires se débrouiller avec « leur parti » face à l’assurance-chômage et au droit du travail ?

  • L’UDC ne s’est pas démasquée. Depuis le hold-up blochérien sur elle, elle n’a jamais été qu’un parti de la plus absolue droite économique du pays. Quant aux droits populaires dont elle se fait le défendeur absolu, c’est seulement avec le but d’affaiblir le pouvoir politique qu’elle hait, même si il a été élu démocratiquement. Elle appelle cela avec dédain « la classe politique ». Les Romands qui ont adhéré à cette UDC ne se rendent pas compte qu’ils se sont rapproché d’une organisation qui est diamétralement opposée aux intérêts fondamentaux de la Suisse romande: les dirigeants ne parlent pas le français, défendent la dictature de la majorité, s’opposent aux droits de toute minorité (voir le cas des minarets qui devrait être perçu comme une attaque contre toute minorité, quelle qu’elle soit). C’est le parti de l’inculture et de l’insensibilité par définition. Les travailleurs à qui l’UDC promet avec des mots d’une simplicité populiste de donner le pouvoir par le vote populaire contre la classe politique, sont instrumentalisés sans aucun scrupule. De la chair à votation. Malheureusement, le PS et les Verts n’aiment plus les petites gens à cause de cela, car le dégoût compréhensible envers l’UDC senti par la gauche constituée de fonctionnaires et autres gens bien éduqués s’est reporté sur les petites gens en mal d’orientation. Voilà ce que je sens depuis Zurich où je vis.

  • Je trouve que les commentaires ci-dessus, – ils sont normaux venant de gens ayant une sensibilité de gauche -, témoignent pourtant d’une complète cécité sur un point. Mais c’est un point essentiel.

    Ces commentaires oublient un élément essentiel: la force du patriotisme.

    Bien sur on peut dire que l’UDC est emmenée par un group de représentants du patronat suisse allemand, un patronat dur et, pour le dire en termes marxistes, qui mène la lutte des classes du haut vers le bas. C’est vrai et les électeurs ci-devant socialistes votant désormais UDC – qui ne sont pas idiots – en sont parfaitement conscients.

    Seulement ces électeurs sont patriotes. C’est donc inutile de les insulter en les taxant de xénophobes.

    Il y a beaucoup de gens, dans tous les milieux, du haut en bas de l’échelle sociale, qui sont profondément attachés à la Suisse, ses références identitaires, son armée, ses libertés politiques, sa souveraineté. Monsieur Blocher et son équipe en font partie. Il serait vain de leur dénier la sincérité de leur patriotisme. Les gens sentent cela.

    Bien sur cette Suisse est aussi conservatrice et elle l’est aussi dans le domaine social. Mais qu’offre la gauche comme perspective aux petites gens ? Une adhésion à l’Union Européenne synonime de régression sociale. Alors, régression pour régression, la majorité patriote parmi les petites gens préfère régresser avec des dirigeants bien suisses, patriotes, comme l’équipe patronale de choc qui dirige l’UDC.

    Parce que cette majorité patriote a bien compris que la classe politique PS-PLR-PDC est prête à passer la Suisse par pertes et profits au profit d’une Europe calamiteuse. Que voulez-vous? ça, les gens le sentent. Alors ils votent pour les seuls dont on sente qu’ils tiennent à la Suisse, c’est à dire qu’ils sont patriotes: l’UDC. C’est normal.

    C’est aussi simple que ça. Et il est incroyable que la gauche ne veuille pas comprendre cette réalité. C’est pourtant bien Jaurés qui a dit: « la patrie est le seul bien de ceux qui n’ont rien ».

    Le jour où existera un parti de gauche qui soit contre l’Union Européenne: cette entreprise d’asservissement des peuples aux intérêts des multinationales et de destructions des droits sociaux durement acquis par la social démocratie (cf. jurisprudence de la cour de justice) alors les milieux populaires qui ont viré UDC pourront voter à nouveau à gauche, et alors le poids du combat pour la liberté de la Suisse sera réparti de manière plus équilibrée entre la droite et la gauche. Cela empêchera l’UDC de bénéficier du monopole du vote patriote. Personnellement, quoiqu’étant de droite, je m’en réjouirais.

    Un jour j’ai exposé mes vues à M. Brutsch, le webmaster de ce site. Il m’a dit: « Il y a une gauche qui pense comme vous: c’est l’extrême gauche ». C’était la première fois qu’on me disait que je suis d’extrême gauche!

    Mais en même temps il m’a fait réfléchir en me disant celà. Ainsi j’ai eu des contacts par correspondance ces derniers temps avec des éléments dissidents de la gauche socilaiste, qui refusent le dumping social consubstanciel du projet européen. Et j’ai constaté en effet, non pas que je suis devenu d’extrême gauche, mais que je m’entends mieux avec ces gens là, qu’avec les tartuffes de tous les partis pro adhésion.

    J’ai donc vivement encouragé ces correspondants à fonder le parti de gauche anti-européen qui, à mon avis, peut disposer immédiatement d’un électorat d’au moins 10%, pour commencer.

    Enfin je rappelle un fait historique: le premier parti socialiste en Suisse s’appelait: « le Grütli ».

  • 6
    Giorgio Zürcher

    (malheureusement)  « curieux » a bien raison sur le point du patrotisme et en partie aussi en ce qui concerne l’UE.
    Pour le reste, la gauche devrait reprendre l’étude de la Suède pour examiner si elle pourrait servir de modèle.

  • L’explication par le patriotisme joue en effet certainement un rôle significatif  dans le vote UDC des classes populaires. Mais celles-ci, en agissant ainsi, perdent peu à peu leurs défenseurs en matière de niveau de vie et d’assurances sociales.
    Personnellement, je ne signe plus d’initiatives ou de référendums pour défendre des gens qui ont décidé de soutenir la cause des milliardaires (ceux qui jouent si bien sur la fibre patriotique – parce qu’en réalité, ils s’en fichent…). Qu’ils s’adressent donc à l’UDC (je comprends de moins en moins pourquoi le PS devrait soigner l’électorat de l’UDC !)
    De nombreuses personnes de la classe moyenne agissent comme moi…

  • moor, si vous m’avez bien lu, je pense que ces électeurs populaires, qui auparavant votaient socialiste, sont conscients que leur couverture sociale va diminuer. Ils s’y résignent comme à une sorte de fatalité et, tant qu’à faire, préfèrent que cela se fasse au moins dans un cadre suisse plutôt que dans une UE qui ne leur dit rien et ne leur offre aucun espoir.

    Si vous êtes socialiste, ou de gauche, je ne comprends pas votre réflexion:      » je comprends de moins en moins pourquoi le PS devrait soigner l’électorat de l’UDC ! » Il me semble au contraire que c’est pour avoir abandonné leur propre électorat, que les socialistes l’ont poussé dans les bras de l’UDC.

    Est-ce qu’en le soignant à nouveau, la gauche pourrait récupérer cet électorat? Peut-être pas. Certainement pas, du moins, aussi longtemps que la gauche sera proeuropéenne. En revanche je prends les paris qu’un parti de gauche résolument opposé à l’adhésion et luttant pour la défesne des conventions collectives et contre la libre circulation libre exploitation, pourrait compter sur un réservoir électoral d’au minimum 10% sans grand effort pour le conquérir.

    Personnellement je vote aujourd’hui UDC mais avant je votais pour des listes de droite, en panacheant les noms de divers candidats démochrétiens, libéraux ou radicaux qui m’inspiraient confiance pour leur attachement à la Suisse et ses valeurs traditionnelles. Depuis que j’ai constaté que ces partis, même sans le dire, roulent en fait sournoisement pour l’UE et contre la Suisse, je me suis senti trahi. Cela m’a inspiré un sentiment de révolte et plus jamais de la vie je ne pourrai voter pour un PLR ou PDC. C’est plus fort que moi.

    C’est par introspection et en observant mon propre réflexe que je pense pouvoir comprendre assez bien le sentiment des gens modestes, attachés à la Suisse et votant traditionnellement pour la social démocratie, qui se sont senti abandonnés, trahis, se sont révoltés et votent donc aujourd’hui pour l’UDC. Je pense que dans leur cas aussi, c’est plus fort qu’eux.

    Je me demande s’il est possible à quelqu’un qui croit béatement dans la perspective européenne comme prometteuse de lendemains meilleurs, de comprendre le sentiment de gens comme moi. Permettez moi de tenter de l’expliquer tant bien que mal:

    Nous nous révoltés quand nous avons commencé à sentir que l’on faisait bon marché de notre souveraineté, de notre autodétermination, de notre démocratie semi directe; qu’au fond beaucoup de gens sont prêts à faire l’impasse sur la possibilité pour le citoyen suisse de décider en dernier ressort de ce qui le concerne et s’imaginent que nous aurons la moindre chance d’influer démocratiquement sur les décisions, dans des enceintes où`nos représentants n’auront jamais plus que 2 ou 3% des droits de vote; bref que notre sort sera à la merci de lobbies inconnus, dans les couloirs de Bruxelles, et que nous serions ballotés comme les autres au gré de conciliabules sur lesquelles nous n’aurions absolument aucune prise,  et suspendus aux discussions de couloirs de gens que nous ne connaissons ni d’Eve ni d’Adam. Nous avons compris qu’il s’agirait là d’un mécanisme irréversible et sans retour qui signifierait la fin de la Suisse cet effort vers l’indépendance et le self government qui a coûté tant de sacrifices au cours des siècles. La seule idée d’ailleurs, d’entrer dans un mécanisme évolutif  qui pourrait se modifier au gré de l’acquis communautaire c’est à dire sans notre consentement expresse à chaque étape, sujet au référendum, cette seule idée nous révulse. Nous avons compris que si nous mettions le doigt dans l’engrenage nous n’échapperions pas à la TVA à 15, 20 ou 24%, et à tous les autres choses funestes qu’impliquent la « reprise automatique de l’acquis communautaire », et nous avons senti qu’à terme nous aurions droit aussi à l’Euro, probablement à l’OTAN et ses guerres picchrocholines, et tout le reste, qui implique bien entendu que notre neutralité serait vidée de son sens, etc., etc., etc.

    A un moment donné nous avons pris conscience de tout celà, nous avons pris conscience que des politiciens en lesquels nous avions eu confiance avaient donné leur consentement à pareille trahison et donc nous mentaient, alors un frisson glacé nous a traversé et nous nous sommes insurgés. Ce sera difficile de nous faire revenir de notre détermination à nous opposer à ces évolutions effarantes.

    C’est cela qui fait que beaucoup de gens sont devenus, non pas UDC, – je n’ai jamais pris la carte de ce parti -, mais « blochériens ». Parce que nous avons ressenti très profondément que l’ensemble du mainstream politique, sauf la mouvance répondant à l’appel de monsieur Blocher, avait envers l’Europpe de Bruxelles la même attitude de servitude volontaire que ceux qui en France ou en Autriche prônaient l’adaptation nécessaire à l’Europe nouvelle pendant la guerre, bref  la collaboration, l’acceptation de la Gleichschaltung, le reniement de nos libertés au nom d’un idéal discutable.

    Cette peinture des choses peut choquer. C’et ainsi que personnellement je l’ai vécu et ressenti. D’autres un peu différemment sans doute. D’autres l’exprimeraient avec d’autres mots, ou avec moins de mots. Je n’ai hélas pas le sens de la concision. Mais il y a eu un sentiment profond très répandu de révolte et de dégoût envers des dirigeants complices de ce projet.

    Peut-être ces explications aideront-elles certains lecteurs de Domaine Public à mieux comprendre les raisons d’un phénomène que l’on a trop tendance à écarter d’un revers de main en la traitant de « populisme », ce qui passe à côté de l’essentiel.

  • 9
    Laurent Jolissaint

    (1) la vision que l’UDC a de l’Union Europeene est totalement aberrante. Je suis un scientifique travaillant avec des partenaires europeens depuis environ 15 ans, et je voyage aussi pas mal a l’etranger. De mon experience, je ne tire que deux conclusions : (a) nous autres suisses avons les memes valeurs fondamentales que les autres peuples europeens, le patriotisme devient alors pour moi une valeur nauseabonde s’il s’agit de se positionner comme MEILLEURS que les autres (b) l’UE est un fait historique a present ineluctable, un processus en construction et amelioration continuelle, une entreprise humaine, avec son lot de reussites et d’echecs. Qu’on aime ce processus ou pas, la n’est PLUS la question. La question aujourd’hui est de se rendre compte, que c’est au niveau de l’UE que les choses se passent aujourd’hui en Europe. J’en donne pour exemple la recherche scientifique : sans l’apport de l’Union, nous autres europeens serions totalement domines par les US et l’Asie, a present. Or ce n’est pas le cas. Dans les conferences, nous tenons le haut du pave, et moi-meme, le petit suisse, y participe pleinement, grace aux conditions-cadre crees par l’UE. Si je devais compter sur Blocher et l’UDC … laissez moi rigoler, ces types sont des petits nains ridicules.
    En fait, la vision que l’UDC donne de l’Europe est totalement aberrante et hors de toute realite. La realite, moi, je la vois au jour le jour, je voyage, et j’ai meme habite 3 ans aux Pays-Bas. Et  non, desole chers patriotes, la Suisse n’a rien d’exceptionel. Des jolis petits pays plein de gens qui travaillent bien, l’Union en est pleine…
    (2) selon <<curieux>> nous allons au-devant d’une diminution forte de la converture sociale dans notre pays. Ah bon, c’est obligatoire ? Et surtout si je comprend bien le message, puisque c’est ineluctable, mieux vaut se faire baiser par des patrons bien suisses plutot que par ces sales etrangers ? ca fait … moins mal quand c’est un bon petit suisse ?
    Laurent Jolissaint (scientifique, entrepreneur)

  • Cher monsieur Jolissaint, je me réjouis que vous ayez la possibilité de participer à des colloques scientifiques organisés par l’UE. Comme vous êtes sans doute un scientifique de haut niveau, c’est l’intérêt des institutions scientifiques européennes de vous avoir avec elles. Comme vous n’êtes pas le seul chercheur suisse de grande valeur, et que la Suisse est même un centre d’excellence exceptionnel pour la recherche scientifique (ETH, EPFL etc.), il est heureux qu’une collaboration existe entre la Suisse et l’Union Européenne dans ce domaine. C’est dans l’intérêt mutuel des deux parties contractantes: l’UE et la Suisse.

    Il est  bon, dans l’intérêt mutuel, de conclure des accords de collaboration dans toutes sortes de domaines techniques, à condition que cela n’entame pas notre indépendance bien entendu.  Cela ne signifie pas que nous devions abandonner à un pouvoir européen les décisions politiques en dernier recours touchant à notre souveraineté et à notre existence comme état.

    Vous pensez qu’il existe d’autres  » jolis petits pays plein de gens qui travaillent bien » au sein de l’UE et c’est vrai. Vous donnez l’exemple des Pays Bas que vous connaissez. Seulement le problème c’est que ces petits états, comme les Pays-Bas, selon ma conception de l’indépendance et de la souveraineté, ne sont plus indépendants ni souverains.

    Je sais, je sais, nous ne sommes pas d’accord. Vous vous imaginez qu’ils sont encore indépendants. Mais moi je vous dis qu’ils ne le sont plus. Même la France ne l’est plus. La décision de fixer leur TVA à un certain niveau leur est imposée.  Ils n’ont plus le droit d’avoir une banque nationale ni une monnaie à eux. Ils vont d’ailleurs  payer cela d’un prix terrible en termes de souffrances économiques et humaines. Si leur population désirait, par un vote référendaire, s’opposer à certaines directives de Bruxelles, cela leur serait interdit. Etc., etc. La liste est encore longue.

    Bien sur, tout cela ne vous intéresse pas. L’indépendance, vous n’en voyez pas l’utilité. La démocratie non plus. Mais si mais si, je sais, vous allez me dire que vous êtes un démocrate, mais moi je vous dis que dans le système que vous aimez tant le peuple n’est plus souverain. Donc ce n’est plus une démocratie. C’est autre chose, une « gouvernance ». Vous, ça vous convient, pourvu que vous puissiez participer à vos colloques. Tant mieux pour vous.

    Si le sentiment patriotique le goût de l’indépendance et la liberté démocratique vous sont incompréhensible c’est votre affaire. Cela ne vous oblige pas à insulter les gens en les traitant de « nauséabonds » et de « petits nains ». Votre raisonnement montre simplement que pour vous c’est un bien en soi de faire partie d’un grand ensemble et ça n’a aucun intérêt d’appartenir à un ensemble plus petit, mais indépendant et efficace, comme la Suisse, qui peut beaucoup apporter dans le cadre d’une collaboration intelligente avec un partenaire continental qui le respecte.

    Malheureusement vos propos sont empreints à la fois de mépris et d’attirance pour la grande dimension, en tant que telle. Il est bien évident que si l’on appliquait votre théorie, il n’y aurait plus aucune raison de maintenir une réserve nauséabonde de nains de jardins patriotes, c’est à dire un état indépendant qui s’appelle la Suisse. Il suffirait de la brader puisque de toute façon elle ne sert à rien et que seule l’UE compte. Donc, si on vous suivait ce serait en effet la fin de la Suisse. Il ne resterait plus qu’une zone géographique comme la Hollande, avec un gouvernement sujet et non plus souverain, une province en somme, qui appliquerait des directives venues de Bruxelles.

    On a vu comme l’UE est bien conçue et  on va voir de plus en plus les conséquences de cette merveilleuse construction sur le bien être des populations.Ne vous inquiétez pas, cela ne vous touchera pas beaucoup. Vous êtes encore suisse. Et probablement jusqu’à la fin de votre carrière vous pourrez encore bénéficier d’un avantage comparatif par rapport à vos collègues qui n’ont pas cette chance.

    Depuis des années nos amis européens, et aussi hollandais se plaignent de leur sort et envient le nôtre. Nous ne pensons pas être meilleurs. Nous voulons simplement rester nous mêmes.

    Je trouve que du moment que vous n’êtes pas entravé dans votre participation à la vie scientifique internationale vous n’avez rien à reprocher à ces Suisses, qui tiennent encore à leur pays, qui est certes comme les autres mais ne veut pas se fondre dans un grand tout.

    Il y a depuis une vingtaine d’années une lutte qui est l’un des conflits internes les plus fondamentaux que la Suisse ait connus dans son histoire. C’est la lutte entre ceux qui veulent continuer à déterminer librement leur destin, dans une relation avec l’extérieur basée sur des arrangements politiques sur mesure, comme cela a toujours été fait, et ceux qui, comme vous, préfèrent le prêt à porter européen qui serait la fin d’une aventure de sept siècles de self government. C’est une lutte très dure, presque une guerre civile sans effusion de sang. On ne sait pas encore qui va gagner la partie. Les Suisses ont gagné une manche le 6 décembre 1992. Mais les dirigeants continuent de travailler pour le camp adverse et c’est pourquoi je suis inquiet.

    J’espère que l’UDC deviendra le pôle incontournable de la politique suisse car c’est le seul parti qui s’oppose à l’Anschluss. Si l’UDC, tendance Blocher, ne parvient pas à imposer ses choix dans la politique étrangère, et à mener elle même les négociations avec l’étranger pour la définition d’un nouvel arrangement dans l’indépendance, alors les gens comme vous auront le dessus. Il n’y aura plus de Suisse, juste une zone géographique, membre de l’UE et de l’OTAN.

    Maintenant la question est posée. Depuis la crise de l’Euro les citoyens ont tous commencé à comprendre. On ne peut plus faire confiance – si l’on tient à l’indépendance de la Suisse –  à la classe politique PLR PDC PS. Comme l’opinion est à 80% attachée à l’indépendance, logiquement l’UDC devrait progresser, malgré ses défauts et ses compromissions, et il y a une chance que la Suisse perdure. Mais si le mainstream collaborationiste l’emporte, vous serez heureux. Vous pourrez payer la TVA à 15% et vous serez à terme débarrassé de la démocratie directe.

    Dans tous les cas de figure votre participation aux colloques scientifiques ne sera pas mise en danger. Alors ne vous inquiétez pas et laissez les patriotes mener leur combat.

  • Curieux, si on peut comprendre l’esprit de votre dernière réponse, qui souhaite montrer la respectabilité des isolationnistes, on ne peut que déplorer son manichéisme : il y a pour vous d’un côté des « vrais suisses » (patriotes) qui se battent pour leur indépendance et de l’autre des collaborationnistes (avec tout le poids historique porté par une telle expression). Or, la question européenne n’est pas là : il s’agit de savoir si un pays européen, quel qu’il soit, a plus de pouvoir sur sa destinée en participant à un ensemble plus vaste ou en défendant son indépendance sans participer (et je laisse volontairement de côté la question de savoir si l’ensemble actuel a les vertus nécessaires, c’est une autre question).
    Il faut être honnête : aujourd’hui, en 2010, personne ne peut savoir quel sera le bon choix sur la durée. Vous avez des raisons de croire en le vôtre et les pro-européens ne sont pas pour autant des imbéciles, des collaborationnistes ou des irréalistes. C’est l’avenir qui tranchera; l’histoire a très souvent offert des surprises, alors restons modestes.
    Et vous finissez en beauté par deux exagérations qui font un sort à votre crédibilité. Bien sûr, la TVA devrait se situer au minimum à 15 %, mais son doublement pourrait financer les assurances maladies et par là même contribuer à une diminution des inégalités (la TVA, malgré ses défauts, est plus juste qu’une impôt « poll tax »). On peut préférer l’une ou l’autre solution, mais les deux sont envisageables. D’autre part, l’impact sur la démocratie directe d’une adhésion à l’UE a été étudié et on estime que 15 % des consultations ne pourraient pas avoir lieu. On est encore loin du « débarras ».
     
     
     

  • Cher Moor, j’accepte volontiers votre appréciation au sujet du caractère un peu manichéen de ma peinture des choses. L’adjectif collaborationiste est aussi un peu polémique. Je n’en disconviens pas. Simplement, je m’efforce de choisir des termes frappants, qui font même mal et c’est bien un peu le but recherché, parce que j’estime qu’il s’agir d’un combat sans merci où les adversaires ne sont pas de bonne foi et ne sont pas à armes égales. Eux, ils disposent de l’appareil d’état pour nous trahir (encore un verbe violent à dessein). Donc nous avons le droit et le devoir de taper dur pour nous défendre et défendre notre pays.

    Vous exposez, de manière courtoise et je l’apprécie, la thèse sempiternelle des adhésionnistes: ce serait les « isolationnistes » (au passage je note que ce mot est aussi une exagération polémique) qui mettraient en danger la souveraineté, car actuellement nous serions membres passifs de l’UE puisque nous reprenons beaucoup de textes alors que nous ne sommes pas membres du parlement européen donc nous ne participons pas à leur élaboration.

    Sur ce point je crains qu’il n’y a pas de conciliation possible. Il s’agit à la limite d’un acte de foi différent. Pour les « isolationnistes » comme moi (j’aimerais bien savoir en quoi la Suisse est isolée, mais enfin…) il est absolument évident que ce serait le comble de l’abjection d’être gleichgeschatltet dans ce système dans lequel personne, sauf à la rigueur les grands états comme l’Allemagne, la France et l’Angleterre, et encore! n’a plus un mot décisif à dire. La Suisse de 7 millions d’habitants serait un grain de poussière dans une Europe de 500 millions d’habitants. Je pense donc que c’est une illusion de croire que nous serions plus souverain dedans que dehors.

    Si notre parlement accepte trop de choses les yeux fermés, en photocopiant les directives de Bruxelles, d’une part ça ne fait aucune différence avec ce qui serait notre sort si nous étions dans le machin si ce n’est que là ce serait la totalité, des directives qui nous seraient imposées, et d’autre part on a tort d’accepter trop d’accords qui pris isolément sont inoffensifs mais mis bout à bout ils finissent par créer un passage du quantitaif au qualitatif et à la fin ce sont des pans entiers de souveraineté qui y passent.

    Il faut immédiatement cesser cette manie de nous aligner sur le moindre accord concernant la courbure des cornichons ou autre sujet apparemment inoffensif.

    Le malheur c’est que nous avons un  mainstream politique qui en effet ne rêve que d’adhésion et agit sournoisement pour miner la volonté politique des citoyens qui est « isolationniste ». Ainsi on signe tous ces papiers volontairement, alors que dans la plupart des cas on pourrait s’en dispenser, parce qu’on espère qu’ainsi on atteindra finalement le but visé: l’adhésion de fait, mais en contournant le peuple car ces accords ne sont la plupart du temps pas soumis au référendum.

    Je trouve cela abject, indigne, à mes yeux cela confine à de la haute trahison au compte goutte,  et je trouve que cela mérite un grand coup de balai pour nous débarrasser – c’est vrai que je le ressens ainsi – de tous ces gens qui bradent notre indépendance du matin jusqu’au soir en notre nom mais contre notre volonté.

    Mon affirmation concernant la TVA n’est pas une exagération, désolé, et je ne pense pas que cela fasse un sort à ma crédibilité. En effet chacun sait qu’on n’a jamais vu de mémoire d’homme un impôt existant être supprimé. Par conséquent si on avait d’un coup la TVA à 15%, il n’y aurait pas une diminuation correespondante des autres impôts, mais cela s’ajouterait et aboutirait à une énorme augmentation de la presion fiscale d’ensemble. Et celà, j’estime, tout en respectant les gens comme vous qui veulent plus d’impôts pour « réduire les inégalités », que c’est à nous d’en décider démocratiquement et souverainement.

    Je crois percevoir dans votre propos une explication du phénomène paradoxal par lequel des progressistes sont en faveur de l’Union Européenne, alors même que l’on constate que l’UE augmente en réalité les inégalités et favorise la régression sociale. C’est qu’ils continuent à s’imaginer, contre l’évidence des faits, que l’UE est un projet progressiste.

    Je ne peux qu’espèrer que la brutalité du phénomène de nouvelle misère sociale induit par l’échec de l’Euro, cette utopie aberrante elle aussi causée par une illusion idéologique, vous descille les yeux et que vous finirez par vous rendre à mes arguments. Si vous voulez le progrès social vous aurez plus de chances d’y arriver, ou du moins de maintenir les acquis sociaux, au sein d’une Suisse indépendante. A moins évidemment que le but visé soit d’arriver au socialisme par la voie des déficits et de l’augmentation illimitée des impôts, que connait l’UE. Mais alors il faut le dire. Et cela le peuple suisse n’en veut pas.

    Enfin en ce qui concerne la démocratie directe, vous faites une affirmation osée en disant que seul 15% des consultations ne pourraient pas avoir lieu. Outre le fait que ce serait déjà 15% de trop j’aimerais bien savoir d’où vous tirez ce chiffre qui n’est pas vérifié.

    Pour moi la démocratie directe serait fondamentalement , radicalement et complètrement supprimée par le seul fait que nous perdrions le droit de nous opposer à n’importe quelle directive qui ne nous conviendrait pas, alors qu’aujourd’hui nous avons le pouvoir de nous opposer à toute modification constitutionnelle quelle qu’elle soit. Nous perdrions aussi le droit de lancer des initiatives sur des sujets de notre choix et ce n’est pas la pseudo inititive populaire bidon de l’UE où il faut un million de signatures et encore cela n’oblige l’UE qu’à réfléchir à la question et en aucun cas cela n’impose un vote au sufffrage universel dont le résultat soit contraignant comme c’est la cas en Suisse avec les initiatives populaires.

    Bien sur on essaie de nous cacher cette vérité. Mais il arrive que certains représentants de l’UE ne se surveillent pas et laissent la vérité apparaître. Ainsi un haut personnage au nom prédestiné, puisqu’il s’appelle Trojan,comme le cheval de Troie, néerlandais, ancien secrétaire général de la commission européenne à Bruxelles et ambassadeur de l’UE auprès de l’OMC à Genève a déclaré dans une interview publiée par le New York Times:

    « Switzerland is one of the most important trading partners of the European Community and is moving closer to Europe. The Swiss negotiators I saw in Brussels were eager to join the European Union. Switzerland’s neutrality is no problem for EU membership, but their referendum democracy could be an obstacle. Joining the European Union means 100 percent compliance with Brussels’ decisions, and you cannot subject that to a popular vote. All EU member states had to give up some aspects of their national sovereignty and there will be no exception for Switzerland. »

    Donc, c’est extrêmement clair: l’adhésion implique obéissance à 100% aux décisions de Bruxelles et ce que la Suisse devrait céder pour devenir membre de l’UE c’est sa « referendum democraty ». L’affaire est entendue.

    http://www.nytimes.com/2000/10/05/business/worldbusiness/05iht-trojan.2.t.html?pagewanted=1

  • 13
    Laurent Jolissaint

    Monsieur curieux (vraiment ?),
    votre perception des choses est extraordinairement … poetique. C’est magnifique, on parle de guerre civile non sanglante, d’asservissement du peuple a un pouvoir etranger, de cheval de Troie (l’Odysee, tout ca… que c’est beau).
    Mais cela ne correspond a rien. Je crois que vous etes non pas dans la realite, mais dans une rhetorique sophiste, ce qui signifie en gros que la realite a moins d’importance que le discours, auquel vous vous laissez si bien entrainer. On sent un certain plaisir masochiste a creer cette histoire epouvantable sur l’Europe (l’echec de l’euro… ah bon ? ou ca ? dans les journaux, oui). Libre a vous d’avoir une idee si poetique et manicheenne de l’union europeenne. Ma vision a moi est celle d’un gars avec les pompes bien sur terre, et qui bosse chaque jour avec des gens de cette horrible union europeenne, et ma foi, je m’en porte plutot bien, et eux aussi !
    Les faits, monsieur, il faut s’en tenir aux faits, et ne pas broder des histoires ridicules sur ce qu’est l’Europe, rellement. Mais bon, vous semblez tellement croire a votre belle histoire de vierges et de dragons…
    Je vous laisse a vos reves. Moi, je retourne au boulot : rien de complique, juste une discussion avec une astronome hollandaise – UE, donc – a propos d’un projet commun CH/US/UE. Ben oui, malgre l’UDC, on arrive encore a se battre pour faire exister la Suisse au niveau international. Et je vais continuer a me battre pour cela, car je crois en la Suisse, et je crois en l’Europe.
    Laurent Jolissaint

  • Merci pour vos compliments.  Chacun appréciera mes arguments à sa manière et peut-être que certains les trouveront pertinents.

    Espérons que vous ayez raison avec votre vision de « gars avec  les pompes bien sur terre » et qui quoiqu’astronome n’a pas la tête dans les étoiles.

    En attendant, sur l’Euro je vous suggère la lecture suivante:

    http://blog.turgot.org/index.php?post/Connolly

    C’est un texte qui n’est pas écrit par un rêveur mais par un ancien membre du conseil de la Bundesbank, puis de la Commission Européenne, qui a été mis à pied en 1997 précisément pour s’être opposé à l’Euro et avoir écrit un livre prémonitoire qui annonçait le collapse actuel, que le plan de soutien à 750 milliards qui n’existent pas ne pourra pas éviter.  (Depuis son limogeage d’ailleurs, ce monsieur gagne encore beaucoup plus d’argent qu’avant en tant que banquier privé, grâce à ses prédictions presque infaillibles sur les monnaies.)

    Vous ne voulez pas croire que les plans d’austérité en cours, déflationnistes, vont créer de la souffrance sociale. Fasse le ciel que vous ayez raison.

    Patience, vous allez voir…

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