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Médias : Le petit commerce de la télévision d’Etat

icone auteur icone calendrier 9 janvier 2004 icone PDF DP 

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Plus de deux tiers des recettes de SRG SSR proviennent de la redevance de réception, 20% de la publicité et du sponsoring et enfin 10% d’autres sources (par exemple de la vente d’émissions à d’autres diffuseurs radio/TV). Cinquante ans après sa naissance, la nature du financement définit le mandat de la télévision suisse. Le service public balise son horizon et le marché publicitaire fait office d’assurance vie. Les téléspectateurs payent, les annonceurs aussi. La télévision doit répondre aux attentes des uns sans compromettre les investissements des autres. Gilles Marchand, directeur de la TSR, n’est pas dupe «Un service public qui n’a pas de succès a un problème de légitimité.» (Construire du 5 mars 2002). Et de gros sous. La part de marché, sans devenir une obsession, indique toujours le cap à suivre.
Par ailleurs, il y a le pouvoir politique tour à tour concessionnaire, autorité de surveillance et garant de la mission des chaînes nationales. Bien sûr, la télévision jouit d’une autonomie sans faille, inscrite dans la Constitution. Pascal Couchepin, malgré ses différends avec la TSR, le reconnaît urbi et orbi : «La télévision suisse jouit d’une indépendance complète. C’est parfois une source d’agacement pour le monde politique, mais nous savons que cette autonomie renforce la crédibilité du service public.»(Discours d’ouverture au Forum mondial des médias électroniques, Genève, décembre 2003).
Or, l’indépendance de la SSR ne va pas de soi. L’amertume froissée de l’ancien président de la Confédération, – provoquée par la médiatisation d’un impair insignifiant commis le jour de l’élection du Conseil fédéral – accuse une divergence de vue plus profonde sur la liberté des programmateurs du service public. Sans parler de la loi qui insiste sur les obligations et les conditions de diffusion, nombreuses et contraignantes. C’est que le monopole des ondes a un prix. Semblable à celui que l’on paie dans les systèmes concurrentiels de type nord-américain où la liberté éditoriale zigzague entre les impératifs commerciaux et les sanctions de l’audimat.
Dans un cas comme dans l’autre, la liberté n’a rien de romantique. Elle se fraie un chemin parsemé de compromis, de détours et d’embûches. La télévision que l’on voit procède de son mode de production. Le visible – ce qui est à voir, à la foi disponible et qu’il faut voir, à l’image du Mayens 2003 – découle d’une combinaison sans cesse renouvelée des acteurs et des intérêts engagés dans le petit commerce de la télévision. Le service public n’y échappe pas, et Pascal Couchepin non plus.

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