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Les banques font de la résistance

C’est dans leur intérêt bien compris que le montant de la garantie pour les avoirs des déposants est augmenté, mais elles refusent leur contribution

icone auteur icone calendrier 13 janvier 2010 icone PDF DP 

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Les porte-parole de nos banquiers pourtant sauvés du désastre par la Confédération et la Banque nationale fin 2008 montrent peu de scrupule. Pour éviter la panique des clients, le Conseil fédéral avait alors annoncé une augmentation à 100’000 francs de la garantie offerte à chaque déposant ainsi qu’aux institutions de prévoyance professionnelle. Un pieux mensonge, car le plafond, pourtant porté de 4 à 6 milliards de francs, n’aurait jamais permis de tenir les promesses de remboursement en cas de défaillance de plusieurs banques et même simplement de l’une de nos grandes banques. Or aujourd’hui economiesuisse, appuyée par la conférence des directeurs cantonaux des finances (parce que les banques cantonales ne sont pas concernées) et les partis bourgeois, refuse dans la procédure de consultation ce que le Conseil fédéral avait pourtant promis: augmenter les moyens financiers à disposition pour offrir une garantie de remboursement par la Confédération jusqu’à concurrence des limites inscrites provisoirement dans la loi, soit 100’000 francs  par déposant.

L’Europe a porté cette garantie à 100 000 €, les Etats-Unis à 250 000 $. En Suisse, personne ne s’oppose à prolonger au-delà de 2010 le montant de 100’000 francs ainsi que les mesures pour les fonds de la prévoyance professionnelle. Mais qui va payer? Les banques et leurs alliés refusent de passer à la caisse: pas de fonds de garantie financé par les banques, pas de garantie de la Confédération également à la charge des banques. Prétexte: ne pas réduire la capacité concurrentielle de nos banques. Peu leur importe que leurs concurrents étrangers, eux, sont mis à contribution.

Il est évident pour tout le monde qu’il faut à tout prix éviter une panique des déposants. Chacun sait qu’en cas de crise, la Confédération et la BNS interviendraient comme elles l’ont fait pour UBS. Alors pourquoi payer se disent les banques. Si l’Etat se porte à leur secours, vu leur importance pour notre économie, encore faudrait-il que cette solidarité ne soit pas à sens unique. D’autant plus que la fiscalité helvétique est particulièrement avantageuse pour ce secteur: imposition des bénéfices réduite au minimum, pas d’impôts sur les plus-values pour les actionnaires privés, pas de TVA.

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