On peut apprécier de manière différente les résultats du sommet de Copenhague. Décevants parce qu’aucune décision contraignante n’a été prise. Encourageants parce que la nécessité d’agir est maintenant reconnue (DP 1850). Mais rien ne justifie l’attentisme préconisé par Economiesuisse et relayé par les partis bourgeois.
Le Conseil fédéral veut aller de l’avant en réduisant les émissions de gaz à effet de serre de 20 à 30% – en tenant compte des décisions de l’Union européenne – d’ici 2020. Economiesuisse, prétextant l’absence d’objectifs contraignants sur le plan international, refuse que la Suisse prenne des engagements nouveaux. Il suffit que notre pays proroge sa politique actuelle. Il sera assez tôt de revoir nos objectifs lorsque la communauté internationale aura trouvé un accord sur la marche à suivre. Cette attitude attentiste est partagée par les radicaux et l’UDC, ainsi que par une partie de la députation démocrate-chrétienne. C’est dire que que le projet de nouvelle loi sur le CO2 risque bien de capoter devant la commission compétente du Conseil national.
On peut débattre de l’importance de l’élévation de la température et de ses effets. Mais, d’un point de vue strictement économique, la nécessité de réduire notre dépendance à l’égard des énergies fossiles est indiscutable. Or seules des incitations financières substantielles permettront la généralisation de technologies innovantes, elles-mêmes génératrices de nouveaux emplois. Mais il s’agit de faire vite, alors que d’autres pays occupent déjà le terrain. De grandes entreprises dans le secteur bancaire et dans la distribution ont compris l’enjeu et conduisent une politique active de réduction de leur consommation énergétique. Economiesuisse préfère défendre les intérêts des secteurs industriels gourmands en énergie et qui croient se sauver en traînant les pieds.
L’organisation patronale manifeste ainsi son incompréhension des conditions auxquelles devra faire face l’économie helvétique. C’est donc à juste titre que la conseillère nationale socialiste Ursula Wyss a déclaré qu’«Economiesuisse représente l’économie du passé».


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12 janvier 2010 à 7:42
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Grâce à Economiesuisse, nous serons aussi prêts pour la conversion écologique que nous le fûmes pour la toute récente crise financière.
13 janvier 2010 à 15:16
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Contrairement à ce qu’affirme cet article, economiesuisse ne préconise pas un gel de la politique climatique. Notre organisation a approuvé l’objectif de réduction de 20% préconisé par le Conseil fédéral. Toutefois, faute d’accord à Copenhague, il manque le cadre international dans lequel inscrire une nouvelle loi sur le CO2. C’est pourquoi nous proposons de prolonger la loi actuelle et de fixer un objectif intermédiaire sur le chemin des -20% (-14% en 2014).
Cette manière de procéder permet à la Suisse d’éviter de créer une législation qui a toutes les chances de ne pas correspondre aux futures règles climatiques internationales. Cela assure une meilleure sécurité juridique aux nombreuses entreprises qui ont entrepris de réduire leurs émissions. Pour mémoire, les émissions de gaz à effet de serre des entreprises ont diminué de 8% entre 1990 et 2007, alors que le PIB réel progressait d’environ 30% durant cette période.
economiesuisse s’est fortement impliquée dans ce processus, en créant l’Agence de l’énergie pour l’économie (AEnEC). Cette dernière s’est engagée vis-à-vis de la Confédération a obtenir d’importantes diminution des émissions de gaz à effet de serre et une amélioration de l’efficacité énergétique. Les 2000 entreprises qui y sont liées ont déjà largement dépassé les objectifs fixés. En matière climatique, l’économie entend bien continuer à assumer ses responsabilités et à jouer un rôle moteur.
Voir notre dossierpolitique climat (fichier PDF)