Deux semaines après la votation populaire, l’interdiction des minarets fait encore l’actualité médiatique. Et les souverainistes n’en finissent pas de se réjouir de cette décision. Par contre le premier anniversaire de l’entrée de la Suisse dans l’espace Schengen est évoqué avec beaucoup plus de discrétion.
Il n’y a d’ailleurs pas de quoi pavoiser. En effet notre pays est contraint d’adapter en permanence sa législation au droit européen car l’accord est dit évolutif, sans pour autant participer à l’élaboration de ce dernier. En une année, Bruxelles a édicté pas moins de 96 règles dans ce domaine. La plupart sont d’ordre technique. Mais d’autres présentent une importance politique certaine.
Ainsi une directive de l’Union limite à 18 mois la détention d’étrangers en situation illégale en vue de leur expulsion, alors qu’en 2006 la Suisse a étendu cette durée de 12 à 24 mois. Nous devrons nous adapter d’ici janvier 2011. Notre législation sur les armes ne correspond pas aux standards européens: en particulier seuls les jeunes tireurs pourront à l’avenir disposer d’une arme sans détenir un permis. Si la Suisse peut refuser l’octroi d’un visa Schengen à des personnes particulières, comme elle l’a fait à l’encontre de certains ressortissants libyens, elle doit pas contre s’aligner sur la politique européenne à l’égard d’Etats tiers. Dès le 19 décembre, les ressortissants de la Macédoine, du Monténégro et de la Serbie disposant d’un passeport biométrique pourront entrer en Suisse sans visa.
L’accord de Schengen évolue constamment et nous sommes contraints de suivre, certes en participant aux discussions de son comité, mais sans droit de vote. En cas de refus de notre part, notre adhésion deviendrait caduque. Auquel cas les Etats-membres – l’Union européenne, moins le Royaume-Uni et l’Irlande, plus la Norvège et l’Islande – nous traiteraient comme un corps étranger au centre de l’Europe. Avec tous les inconvénients pour la mobilité des résidents suisses et des étrangers désireux de se rendre dans notre pays.


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15 décembre 2009 à 15:20
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N’est-il pas temps de calculer combien nous a déjà coûter notre « liberté » par rapport à l’Union européenne? (sans oublier toutes les consultations fédérales lancées par l’UDC à chaque changement)
15 décembre 2009 à 21:35
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Vous avez raison. Il serait plus digne que la Suisse sorte de Schengen.