Page d'accueil - 1 Navigation - 2 Aller au contenu - 3 Derniers articles - 4 Recherche - 5 Contact - 6

Pas de conseiller fédéral pour Federer

La Suisse officielle ignore le plus grand sportif de tous les temps

Un événement exceptionnel au terme d’un match au scénario époustouflant. Roger Federer est devenu ce dimanche plus que ce qu’il était déjà soit le meilleur joueur de tennis de l’histoire. Sa 6ème victoire à Wimbledon, la 15ème en Grand Chelem font figurer le Bâlois au panthéon du sport. Quel autre que lui peut se targuer d’avoir dominé pareillement un sport qui n’est ni le biathlon ni le tir à l’arc pendant une si longue durée? L’immense champion se double d’un homme irréprochable en dehors du court, gentleman polyglotte bientôt père de famille. A tel point que ceux qui lui cherchent encore des poux n’ont que sa perfection à lui reprocher.

La Suisse officielle paraît empruntée devant ce joyau confédéral. Aucun représentant de la Confédération ne figurait entre Pete Sampras et John McEnroe dans la tribune du Centre Court. Le fantômatique Ueli Maurer n’a parlé de sports ce week-end que pour expliquer comment enfermer le plus rapidement possible les hooligans qui déferleraient dans les stades suisses. On ne comptera pas sa piteuse tentative de bras de fer contre Obama parmi les performances sportives. Il n’y avait aujourd’hui toujours pas trace d’un communiqué officiel – fût-ce un sobre message de félicitations – sur www.admin.ch pas plus que sur le site du canton d’origine du «maître».

On peut bien sûr se féliciter de l’absence de récupération politique, et du lien direct entre l’icône Roger et le public qui le vénère. Mais, l’identité nationale ne se construit pas seulement à coup de mythes, de repli sur soi et de lutte contre l’étranger. Lorsqu’à de rares exceptions tous les Suisses vibrent pour l’exploit de leur champion, c’est aussi un événément politique. L’affirmation que la Suisse peut exister une raquette à la main et gagner sur le court en se mesurant d’égal à égal à son adversaire, fût-il américain. Le Conseil fédéral a raté un point facile.

Recommander cet article
logo creative commmons license creative commons

La reproduction de cet article est autorisée et gratuite, mais selon les modalités du présent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l'URL de celle-ci, http://www.domainepublic.ch/articles/10157 - Merci

Discussion

  • 1
    kalvin says:

    Parfaitement dénoncé: Maurer et le CF ont perdu plus qu’un tie-break

  • 2
    ChiliHotPepper says:

    Il est déplorable à quel point certains politiciens ont une facilité basse à jouer sur les peurs et une difficulté déconcertante à élever leur niveau par quelques mots de respect et d’admiration sincère face à une représentation forte d’une Suisse gagnante, mais, et c’est là que le bas blesse sûrement,respectueuse de ses adversaires… étrangers !

  • 3
    Annick says:

    Oui dommage, car roger federer est vraiment la fierté de tout un pays, et il méritait d’être reconnu comme tel par nos chers dirigeants…..

  • 4
    Minimax says:

    Ueli Maurer répondait pourtant au micro de la RSR le soir du sacre. La radio a fait croire qu’il se trouvait à Wimbledon. Illusion d’optique… Le silence de nos sept nains est lamentable. L’ambassadeur de Suisse en Grande-Bretagne était-il au match, au moins? Sur l’écran, en tout cas, il n’y en avait pas trace. Pauvre Suisse, pour une fois qu’un événement positif la mettait en évidence.

  • 5
    andré says:

    Je ne vous suis pas. Je trouve justement très appréciable qu’en Suisse les politiques ne croient pas devoir toujours se mêler de tout (contrairement à la presse d’ailleurs). Les Suisses aiment Roger Federer. C’est très bien comme ça. Ne nous inventons pas un problème. J’apprécie sinon toujours beaucoup vos articles et vous en remercie.

Rétroliens

Les commentaires sont fermés.

Le Kiosque de DP

RSS email icon

So lullt die Pharma Parlamentarier ein

Einige Parlamentarier der SVP, FDP und CVP plappern nach, was ihnen die Pharma vorlegt. Dafür finanziert die Pharma diese Parteien (Infosperber)

icone lien Lire l'article

Une principauté au bord de l’implosion: le Liechtenstein suivra-t-il la mouvance des Printemps révolutionnaires?

Le comité «Oui, pour que ta voix compte» a déposé, début février 2012, un projet d’initiative populaire qui vise à retirer au prince de cette monarchie constitutionnelle le droit de veto sur les résultats des votations. Qui aura le dernier mot, le prince ou le peuple? (atlantico.fr)

icone lien Lire l'article

L’économie du bonheur, une décroissance séduisante

Dans le monde anglo-saxon, nulle place pour la sinistre décroissance. Pourtant, les chercheurs se penchent sur d’autres modèles économiques qui ressemblent à s’y méprendre aux théories de la décroissance (Slate.fr)

icone lien Lire l'article

Die neue Kolonisation Afrikas

Seit 2000 wurden weltweit Landflächen so gross wie halb Westeuropa verkauft. Eine Website zeigt den Ausverkauf der Welt (Infosperber)

icone lien Lire l'article

François Hollande und die Wachstumsdebatte

Wenn man von Wachstum spricht, sollte man zuerst einmal klären, woran man hier denkt (Economy Blog, Tages-Anzeiger)

icone lien Lire l'article

Les paradis fiscaux : visite guidée

Quelles sommes sont cachées dans les paradis fiscaux ? Par qui ? Et comment ? A l’aide d’une méthodologie originale et de données jusqu’alors sous-exploitées, Gabriel Zucman apporte une lumière nouvelle et crue sur ces problèmes, en espérant que cela puisse aider à améliorer la lutte contre les paradis fiscaux (La Vie des idées)

icone lien Lire l'article

The New Class Warfare

California’s superwealthy progressives seem intent on destroying middle-class jobs (City Journal)

icone lien Lire l'article

Suisse et UE: la belle-famille

Un supplément de 36 pages de Europolitique, le quotidien des affaires européennes

icone lien Lire l'article

Les assistés de la France d’en haut sont-ils « intouchables » ?

Les plus favorisés sont aussi assistés que les autres. La leçon d’assistanat donnée à la France d’en-bas est moralement inacceptable et politiquement risquée. Un point de vue de Noam Leandri et Louis Maurin (Observatoire des inégalités)

icone lien Lire l'article