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La banque postale est plus que jamais nécessaire

Son existence serait bénéfique tant au marché bancaire qu’à la modernisation du service postal

Chaque fois que Moritz Leuenberger met sur le tapis la licence bancaire, même réduite, en faveur de La Poste, il ne parvient pas à convaincre une majorité du Conseil fédéral. Cette réticence gouvernementale est partagée par de nombreux parlementaires qui craignent des risques financiers pour le pays si La Poste, propriété de la Confédération, devait se lancer dans les affaires bancaires en ces temps de crise et de désordre sur les marchés.

Pour juger de l’opportunité d’une banque postale et des risques que cette dernière courrait, il convient d’analyser la situation dans sa globalité. Un établissement pratiquant le crédit hypothécaire et commercial, et qui ne s’autoriserait aucune incursion sur les marchés à hauts risques, n’aurait sans doute pas été une banque florissante du début des années 2000. Mais on a vu où menaient nombre de ces floraisons… Un rendement usuel et normal du capital investi serait largement suffisant pour justifier l’existence d’une banque postale.

Confrontée à la baisse continue du volume de courrier à traiter, La Poste doit trouver des activités et des ressources nouvelles. D’autant plus qu’on attend d’elle qu’elle continue à remplir sa mission de service public. L’octroi d’une licence bancaire ne constituerait donc pas un cadeau, mais la contrepartie indispensable au maintien d’un service postal universel. Non pas pour figer un réseau de bureaux qui ne correspond plus aux besoins actuels, comme l’envisage malheureusement le Syndicat de la communication. Mais au contraire pour adapter ce réseau aux exigences de la clientèle.

Une licence bancaire pour La Poste augmenterait certes la concurrence dans le secteur. Mais les partis bourgeois ne prêchent-ils pas depuis longtemps les bienfaits d’une concurrence qui pousse à l’efficacité? Pourquoi s’en offusqueraient-ils dans ce cas? Aujourd’hui Postfinance dispose en permanence de dizaines de milliards de francs de liquidités qu’elle doit prêter à UBS(!), à la BNS, à la Confédération ou à d’autres États étrangers pour en retirer de misérables rendements. Nul doute que si l’institut pouvait s’adresser au public en Suisse, il deviendrait rapidement un acteur redoutable du marché. C’est sans doute ce que craignent ces prêcheurs du libéralisme toujours prompts à pratiquer le protectionnisme.

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Discussion

  • je ne partage pas l’avis d’Alain Robert. Ceci en raison des trois points principaux suivants:

    1. Une nouvelle banque sur le marché peut en effet représenter un danger pour les banques en place que la Conféderation essaie de sauvegarder.

    2. La Conféderation est déjà fortement représentée sur le marché banquaire par les banques cantonnales. Nombres de cantons cherchent à se séparer de leurs investissement. Ceci en particulier à cause de point 3.

    3. Est-il vraiment concevable d`être à la fois régulateur et propriétaire? La même question se pose au sujet d’UBS. Et on voit bien où cela mène.

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