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La prospérité helvétique ne dépend pas du secret bancaire

Dans le «Tagi», Rudolf Strahm dissipe chiffres en main les craintes attisées par les tenants du statu quo en matière d’évasion fiscale internationale

L’assouplissement du secret bancaire en cas d’évasion fiscale porterait gravement atteinte à notre niveau de vie; les taux hypothécaires prendraient l’ascenseur; le bilan de la place financière helvétique serait amputé de moitié: les avertissements ne manquent pas qui peignent en noir l’avenir d’une Suisse privée d’un tel atout concurrentiel.

Culture d’un mythe et incompétence économique, rétorque Rudolf Strahm, l’ancien Monsieur Prix, dans sa chronique régulière au Tages Anzeiger (10 mars 2009). Avec son habituelle rigueur, il démonte cet argumentaire sur la base des chiffres de la comptabilité nationale fournis par la Banque nationale et l’Office fédéral de la statistique.

Non, la richesse de la Suisse ne résulte pas d’abord de son secteur bancaire. Un secteur qui n’offre que 3,3% des emplois, trois fois moins que l’industrie des machines par exemple. L’emploi, ce sont avant tout les PME – deux tiers des postes de travail – qui le garantissent. Au zénith de son développement, en 2006, le secteur bancaire participait pour 8,3% au produit intérieur brut, une part que la crise financière a dû faire reculer à 6%. Attention donc aux chiffres présentés par l’Association suisse des banquiers qui gonfle l’importance du secteur en annexant les assurances, les caisses de pension, les fiduciaires et les comptables.

Si le niveau du taux hypothécaire est comparativement faible en Suisse, c’est parce que ses habitants et ses entreprises épargnent beaucoup et que l’inflation y est modeste. Point besoin des fortunes étrangères pour financer nos logements.

Evitons par ailleurs de considérer les banques comme une branche homogène. Le placement d’avoirs étrangers ne concerne tout au plus que trois douzaines d’établissements – UBS et Credit Suisse, les banques privées et une partie des filiales helvétiques des banques étrangères. Ce n’est pas un hasard, commente Rudolf Strahm, si la défense la plus acharnée du secret bancaire provient de Genève et de Saint-Gall. Qui rappelle qu’environ 60% de la fortune étrangère placée en Suisse appartiennent à des investisseurs institutionnels, peu intéressés par le secret bancaire dans la mesure où leurs bénéfices doivent figurer dans le bilan. Au total, Strahm évalue à 20% la part de l’administration des fortunes privées étrangères – déclarées ou non – dans la création de valeur du secteur bancaire. La levée du secret bancaire en matière fiscale ne va donc pas ruiner l’industrie financière helvétique. Cette dernière devra s’adapter à la nouvelle donne, comme d’autres secteurs économiques avant elle l’ont fait avec succès.

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Discussion

  • Evidemment, si l’on est déterminé à sacrifier la place financière suisse, on est obligé de présenter les choses ainsi.

    Mais cette place financière d’importance mondiale, il ne faudrait pas oublier qu’elle apporte environ 13% des recettes fiscales de la Suisse. Combien de recettes fiscales pour l’industrie des machines ? Ca m’étonneriat que ce soit beaucoup plus.

    Cette place financière joue dans la cour des grands en gèrant 28% de la fortune mondiale, – raison pour laquelle la cité de Londres, les îles anglo normandes de sa majesté et les places offshore sous contrôle US entendent la détruire pour lui prendre sa clientèle grâce aux naïfs qui ne voient pas la guerre économique en cours, cynique et hypocrite.

    Et même si les établissements spécialisés dans l’évasion fiscale fiscale internationale sont peu nombreux, et concentrés en grande partie à Genève, ce sont eux qui génèrent le gros des revenus fiscaux, pas les petites banques coopératives et caisses d’épargnes.

    Quand à dire que 60% des fonds étrangers sont des institutionnels et déclarés au fisc, ça fait bien rigoler. On vient de publier le chiffre total de ces avoirs: 2’150’000’000’0000 soit 2’150 milliards. Personnellement je pense comme Jean Ziegler, que 80% de ces montants ne sont pas déclarés au fisc de leur pays d’origine. Une grande partie s’en ira sous d’autres cieux.

    Il y a aussi les banques étrangères, qui comptent beaucoup dans le chiffre d’affaires de la place et offrent beaucoup de places de travail. Celles ci vont s’en aller.

    Pour preuve: quand la Suisse a refusé le traité EEE, en un an, toutes les banques belges se sont installées en Suisse. La Suisse avait acquis un avantage fiscal décisif sur le Luxembourg embourbé dans les contraintes européennes. Maintenant que la Suisse a tout lâché, et s’aligne sur l’OCDE, ces banques nomades n’ont plus aucune raison d’e rester ici. Bye bye les banques étrangères et leurs beaux jobs pour les employé-e-s suisses!

    Manifestement Rudolf Strahm est un idéologue de gauche qui tord les choses selon sa vision partisane et prêche pour sa paroisse.

    On espère que la masse des employés de banques qui votaient PS saura faire payer à ce parti le prix du vilain rôle qu’il joue en ce moment

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