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UBS: un peu d’histoire pour comprendre la crise

De la distinction entre banque de dépôts et banque d’affaires après la crise de 29 à l’abandon de cette distinction dans les années 80 et 90

icone auteur icone calendrier 27 février 2009 icone PDF DP 

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Quel avenir pour UBS qui vient de se donner un nouveau directeur général? Pour répondre à cette question, il faut d’abord être au clair sur la nature de la crise actuelle.

Nous avons affaire à une crise de l’économie réelle révélée par un dysfonctionnement des institutions financières et bancaires. Mais ensuite les économistes divergent. S’agit-il d’une crise de sous-consommation? Le système appelé communément néo-libéral a fabriqué beaucoup de pauvres. L’allocation des ressources entre le capital et le travail se fait largement au profit du capital. L’écart s’est creusé depuis les années 80, soit à la fin du modèle de développement économique et social dominant depuis 1945. La demande est trop faible par rapport à l’offre pour que la production soit validée socialement. S’agit-il d’une crise de sur-accumulation? Le système a permis aux riches d’accumuler d’énormes capitaux qu’ils ont placés notamment dans l’immobilier pour les pauvres, des pauvres trop démunis pour payer les traites, à la merci d’un système financier pervers.

Mais tous les économistes conviennent de la référence; cette crise ressemble à celle de 1929 et du début des années 30. A la suite de la crise de 1929, une grande partie du système bancaire américain s’effondre au début de 1933. Le 5 mars, le lendemain de son entrée en fonction, le président Roosevelt convoque une session extraordinaire du Congrès afin d’imposer aux banques une fermeture d’une semaine et d’interdire les transactions sur l’or. Le 9 mars, l’Emergency Banking Act est adopté qui autorise les banques saines à réouvrir. Des inspecteurs fédéraux enquêtent. Trois cents jours plus tard, 5000 établissements bancaires ont passé les tests d’inspection avec succès, mais plus d’un tiers des banques états-uniennes restent sur le carreau.

Le Glass-Steagall Act (Glass pour Carter Glass, sénateur démocrate de Virginie; Steagall pour Henry Steagall, représentant démocrate de l’Alabama), voté le 16 juin 1933, met en place de nouvelles règles. Cette loi établit une incompatibilité rigoureuse entre les métiers de banque de dépôts (commercial banking) et de banque d’affaires (investment banking). Elle interdit à toute banque de dépôts de posséder une banque d’affaires ou d’acheter, vendre et souscrire à des titres financiers, domaine réservé aux banques d’affaires. A l’inverse, elle interdit aux banques d’affaires d’accepter les dépôts de simples clients, ce qui relève exclusivement des banques de dépôts.

Après son adoption et pendant soixante-six ans, les financiers les plus cupides vont dépenser des milliards de dollars pour faire sauter ce dispositif légal.

De 1982 à 1998, le Glass-Steagall Act est assoupli à plusieurs reprises. En avril 1988, CitiCorps, une banque de dépôts, fait un pied-de-nez à la loi, en fusionnant avec Travelers Salomon Smith Barney. Travelers est une compagnie d’assurance et Salomon Smith Barney, une banque d’affaires. De cette fusion naît Citigroup, une des plus grandes sociétés de services financiers du monde avec 200 millions de clients dans 100 pays.

La Glass-Steagall Act est abrogée en 1999 par le Gramm-Leach-Bliley Act ou Loi sur la modernisation des services financiers : Phil Gramm, sénateur républicain, Texas; Jim Leach, représentant républicain, Iowa; Tom Bliley, représentant républicain, Virginie.

Selon de nombreux observateurs des «choses» bancaires et financières, cette abrogation, au nom de «l’inadaptation à la croissance des marchés financiers des Etats-Unis», marque le début de l’histoire de la banqueroute d’UBS et d’autres.

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