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UBS: le bilan des Danaïdes

Quand les interventions classiques échouent, il faut, dans l’intérêt national, imposer une réforme de structure

Les seaux n’ont pas été épargnés. D’abord Singapour, qui valut à Marcel Ospel un dernier compliment: celui d’avoir fait jouer ses relations bancaires. Puis vint la recapitalisation par les actionnaires eux-mêmes. Puis l’intervention massive de la Banque nationale suisse s’engageant à reprendre pour un montant inouï des actifs pourris.

Certes tous ces seaux n’empêchaient pas le niveau boursier de baisser. Certes la justice américaine n’a toujours pas relâché son emprise – à propos, la Commission fédérale des banques a-t-elle ouvert une enquête sur ce qui semble être une violation de la convention de diligence et de la loi fédérale sur les banques? – mais on pouvait malgré tout espérer un assainissement à terme. Or est annoncé un mauvais quatrième trimestre et un résultat annuel pire que tous ceux connus jusqu’ici.

L’intérêt public

Cette brève revue de l’argent perdu, en vain, y compris l’argent public, n’est pas un exercice de lamentations. Ce sont des interventions qui se sont révélées inefficaces. Elles ne sont pas infiniment renouvelables. La BNS a déjà donné aux limites de son bilan. Les actionnaires sont découragés. Dès lors, quelle nouvelle thérapie?

Dans le débat parlementaire escamoté, l’argument décisif qui fut retenu et pas contesté fut le rôle particulier que jouent les banques. Elles irriguent tout le tissu économique. Ce sont, en comparaison anatomique, le cœur ou le poumon de l’économie. Et cet argument est toujours valable. Dès lors, que faire? Ce qui a été tenté n’a pas été opérationnel. Puisqu’il faut agir, puisque la faillite n’est pas acceptable, quelle politique?

La restructuration

Des trois activités d’UBS, la gestion de fortune, le négoce, la banque de détail, c’est cette dernière qui est étroitement liée à l’économie nationale par le crédit hypothécaire, le crédit commercial, le crédit aux entreprises. A notre connaissance, ce secteur est sain. Il importe donc qu’il soit préservé et que les activités mondiales de la banque ne l’entraînent pas dans leur tourbillon.

La restructuration est la seule politique de rechange possible. Elle peut prendre diverses formes: holding avec des filiales spécifiques ou, pour la banque de détail, pleine autonomie.

Comment obtenir cette restructuration? Ou bien en faire la condition absolue de toute nouvelle intervention publique (ou semi-publique, avec l’aide des banques cantonales). Ou l’imposer par une modification urgente de la loi sur les banques. Celle-ci stipulerait qu’une banque qui gère plus d’un pourcent déterminé du crédit bancaire national ne peut simultanément, avec la même structure, s’engager de manière significative dans des affaires mondiales.

Une telle modification de la loi est susceptible d’obtenir une majorité parlementaire. Il faut dès maintenant la promouvoir.

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Discussion

  • Malheureusement, sur la santé économique des banques, notre connaissance de citoyen est très limitée. Peu d’information, à part le cours de l’action de l’UBS, qui plonge et replonge, sans que ne transperce le moindre signal de remontée. La confiance est si basse, que l’on craint le pire. Mais nous attendons effectivement de nos représentants à Berne qu’ils prennent ce dossier en mains sérieusement, qu’ils ne se laissent pas endormir par des discours lénifiants, qu’ils arrivent à penser par eux-mêmes et qu’ils exigent en contrepartie de nos sous des mesures d’assainissement courageuses.

    Pour raconter une anecdote personnelle, après avoir reçu les excuses du président de l’UBS, je suis allée pour placer plus de 100’000 frs à l’UBS, et le guichetier à peine aimable, m’en a tout simplement (encore) découragée, car les frais de gestion du compte allait coûter plus cher que ce que le compte d’épargne allait me rapporter! La politique de la direction n’est pas encore descendue à tous les échelons. Je trouve cela très inquiétant. Il est temps que l’UBS revienne sur terre et commence à s’intéresser VRAIMENT au petit peuple de Suisse.

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