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La surveillance des banques ne peut être confiée à des banquiers

Dans le Tages Anzeiger, Rudolf Strahm épingle la Commission fédérale des banques

icone auteur icone calendrier 21 décembre 2008 icone PDF DP 

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Les scandales en cascades qui ébranlent le monde de la finance et en tout dernier lieu l’effondrement du château de cartes construit par Bernard Madoff ont sérieusement ébranlé le crédit de la SEC, l’autorité américaine de contrôle des marchés financiers. Le président élu s’est d’ailleurs empressé d’annoncer la désignation de sa nouvelle responsable, chargée de remettre de l’ordre dans une maison qui semble avoir conjugué le laxisme et l’incompétence.

L’alter ego helvétique de la SEC, la Commission fédérale des banques (CFB) a jusqu’à présent été épargnée par les critiques. Un traitement de faveur immérité qui irrite Rudolf Strahm. Dans sa chronique bimensuelle (Tages Anzeiger, 16.12.2008), l’ancien surveillant des prix rappelle que la CFB a avalisé le nouveau modèle de gestion du risque d’UBS en automne 2004. Un modèle qui a permis à la banque de croître sans fonds propres suffisants. Si UBS avait dû se conformer à l’exigence de fonds propres imposée maintenant par la CFB, elle n’aurait pu accumuler autant de titres pourris et n’aurait pas dû appeler l’Etat à son secours.

Strahm pointe du doigt le manque de courage et d’indépendance de la CFB. Son président est un ancien d’UBS et la majorité de ses membres siègent dans des conseils d’administration de banques. «Tous se réfèrent au même modèle de gestion du risque, à la même logique, aux mêmes critères d’appréciation de la situation». Le département fédéral des finances n’a pas montré beaucoup plus de clairvoyance. Alors qu’au cours de la dernière décennie, la CFB lui a transmis dix cas de violation flagrante de la loi sur les bourses, il n’a prononcé qu’une seule peine avec amende.

C’est dire que le Parlement doit maintenant jouer pleinement son rôle politique et édicter des règles qui empêchent le retour d’une pareille déconfiture.

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Discussion

  • 1
    R. Lecoultre says:

    « Tout ce qui est bon pour la General Motors est bon pour les Etats-Unis » disait un spécialiste dans les trente glorieuses. Les Américains en apprécient les résultats maintenant. Aujourd’hui, il importe que tous les Suisses croient que « tout ce qui est bon pour les banques est bon pour la Suisse », et que l’Etat doit limiter son intervention au sauvetage, et surtout pas à la surveillance.

Les commentaires sont fermés.