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Question de confiance

Dettes, pensions, dividendes entre privé et public

On a beaucoup parlé ces derniers temps du privé, du public et du transfert de pouvoir entre le premier et le second. Ces catégories sont importantes et permettent de comprendre les mutations en cours. Elles ne doivent pourtant pas nous aveugler: tant de choses «interpénétrant» ces domaines que l’on voudrait séparer. Commençons par la dette. Crise du surendettement des pays riches, le maelstrom actuel voit les Etats s’endetter gaillardement pour prendre la place de privés forcés de rembourser à toute vitesse. Les banques surtout qui corrigent aussi rapidement que possible les excès passés en faisant fondre leurs bilans (800 milliards de francs pour UBS seulement ces derniers mois!).

Il est juste que l’Etat joue son rôle de stabilisateur en s’endettant pour éviter une fission du système. Cela n’empêche pas le simple constat: une dette publique se substitue à une dette privée et le surendettement ne fait que se déplacer.

Dette: «promesse de paiement dans le futur», un jour (peut-être), il faudra rembourser.

Promesse aussi dans un domaine adjacent: les rentes qui seront versées aux retraités. Il n’y a pas de pays qui a provisionné les montants nécessaires. Et ce n’est pas justifié, nous dit-on, car l’Etat est là pour durer. Certes. Mais il faudra quand même les financer. Par les différentes formes d’impôts sur les revenus, la consommation, les bénéfices. Le privé et le public se tiennent bien par la main.

Petit scénario catastrophe: une dépression entraînera(it) son cortège de licenciements, de défaillances d’entreprises et une baisse générale de la consommation. Les ressources de l’Etat seraient triplement affectées: il ne resterait pas grand chose à taxer!

La valeur d’une action (UBS ou autre) est une promesse de dividendes futurs. Le coût de la dette d’un Etat est fonction du sérieux de la promesse faite de rembourser. On voit aujourd’hui dans la zone euro se creuser des différences sensibles entre le coût de la dette de la Grèce et de l’Italie, d’un côté, et de celle de l’Allemagne, de l’autre. Manifestement, les promesses de remboursement ne sont plus jugées d’égale valeur. Le futur retraité suisse est au carrefour de ces deux promesses: son deuxième pilier dépend du fonctionnement de l’économie privée, son AVS de la capacité de la Confédération de tenir ses engagements.

La démographie, contrairement à la crise financière, avance à découvert. Le déséquilibre entre les charges et les revenus futurs – simple conséquence du vieillissement de la population – ne prendra personne pas surprise. Un temps, une illusion a fait flores: l’économie privée florissante, la mondialisation, l’accroissement quasi infini des valeurs mobilières allaient nous sortir de l’impasse démographique. Tout le monde y a cru. Hélas!

Paroles, paroles, paroles, comme chantait Dalida. Les banquiers ont beaucoup promis et tellement déçu. On voit les défenseurs de l’Etat, justement renforcés, s’avancer sur le devant de la scène et recueillir des applaudissements. Attention toutefois à l’adage: qui trop embrase, mal éteint. Nos autorités publiques et leurs champions risquent d’être rattrapés par l’incendie.

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